Ecoutez, Voir...

Paris 15 avance journal des élus de gauche du 15ème

Anne Hidalgo participe vendredi 27 juin à l’émission d’Europe 1 de 18h30 à 20h.

Site de campagne de Bertrand Delanoë bertranddelanoe.net

Jeunes-Paris15.fr
découvrez ce blog, très actif, des jeunes de gauche du 15ème visiter le blog

En Avant Beaugrenelle ! Blog de l’association de soutien au projet Beaugrenelle

Le degré zéro de la culture

L’hebdo des Socialistes 09/04/08

Budget en baisse, réduction des crédits, mépris du service public, le gouvernement tente d’imposer sa vision purement commerciale de la culture. Inquiets, les acteurs du monde culturel se mobilisent. Secrétaire nationale du PS, Anne Hidalgo revient sur cette situation et explique comment préserver la liberté de création. Entretien.

L’ensemble du monde culturel manifeste son mécontentement. Pourquoi ? Cette protestation est pleinement justifiée, et le PS a d’ores et déjà apporté son soutien aux différents mouvements de mobilisation qui se sont faitjour. En premier lieu, Nicolas Sarkozy et son gouvernement mènent une politique nocive et profondément déstabilisatrice pour la vie artistique et culturelle. La lettre de mission adressée en août 2007 par le chef de l’État à la ministre de la Culture et de la communication, centrée sur « l’obligation de résultat », annonçait la couleur. La baisse du budget de la culture, les réductions de crédits - que le pouvoir tente de camoufler par divers artifices - l’appel aux forces du marché plutôt qu’au service public pour soutenir la création, sans oublier les interrogations sur le devenir de la télévision publique suscitées par l’annonce, sans concertation ni plan préétabli de ressources nouvelles, de la suppression de la publicité : tout cela est inacceptable. En second lieu, la RGPP (révision générale des politiques publiques) annoncée par le gouvernement pour diminuer en fait les effectifs de la fonction publique et réduire le périmètre de l’État frappe de plein fouet l’administration culturelle, et menace gravement les missions fondamentales qu’elle assume, y compris dans le domaine du patrimoine.

Christine Albanel tente la conciliation, notamment avec les Entretiens de Valois. Que pensez-vous de l’action, depuis sa nomination, de la ministre ? Les Entretiens de Valois ne sont qu’une réponse à la demande insistante des professionnels du spectacle vivant, qui avaient souhaité un Grenelle de la culture. Je ne juge pas les hommes, ou les femmes, mais les politiques menées. Mais force est de constater l’absence totale de vision d’une politique culturelle d’envergure, à la mesure de l’enjeu et de la gravité de la situation, sur fond de paralysie budgétaire, au profit de quelques effets d’annonce qui tentent de cacher la misère. J’en veux pour preuve le sort réservé à l’éducation artistique et culturelle, à nouveau sacrifiée, ou la chute astronomique des moyens en faveur de la politique des publics, alors que le pouvoir prétend se préoccuper de la démocratisation culturelle !

Plus largement, peut-on parler d’une fin de cycle de la politique culturelle ? Tous les observateurs objectifs le reconnaissent en effet. La politique culturelle a été fondée au début de la Vème République par André Malraux, et, à partir de 1981, elle a été relancée par la gauche.Un nouveau souffle doit aujourd’hui lui être donné, qui tienne compte des mutations considérables intervenues, à la fois de la vie culturelle et de son environnement économique, social, technologique et institutionnel. Il s’agit, pour les socialistes et tous ceux qui sont inspirés par les valeurs de progrès, d’émancipation et solidarité, de refonder les rapports de la culture avec la société.

Le système peut-il être réformé ? Ceux qui murmurent que non sont ceux qui entendent brader l’action publique, appelée alors à baisser la garde devant le développement du secteur privé culturel et l’essor d’une logique purement commerciale. Nous n’en sommes pas ! Il faut d’abord redonner la priorité à la culture comme à l’éducation, la recherche et l’enseignement supérieur. Je rappelle que le PS a fait de nombreuses propositions pendant les campagnes présidentielle et législative de 2007, notamment dans le domaine du spectacle vivant. En lien très étroit avec les créateurs et tous les professionnels, doit être établi un plan ambitieux de réformes, à condition de l’étayer par une loi de programmation pluriannuelle et de faire preuve d’une volonté politique forte, aujourd’hui absente.

Selon vous, la décentralisation est elle une bonne piste pour soutenir le financement culturel ? Les collectivités territoriales sont à présent les principaux financeurs de la vie culturelle, tandis que l’État ne cesse de se désengager, mais ne reconnaît pas pleinement leurs capacités d’initiative. Il faut sortir d’une logique,qui a eu historiquement ses mérites, mais se trouve aujourd’hui dépassée, celle d’une politique culturellemenée « de haut en bas »,pour lui substituer une action publique fondée sur les territoires, les populations, les initiatives locales. Pour autant, il ne s’agit pas de renoncer au rôle irremplaçable d’un État régulateur, stratège, garant de la liberté de création et d’expression, et correcteur des inégalités. C’est peut-être le désir à peine caché de la droite, ce n’est pas le nôtre.

Propos recueillis par Ariane Vincent



Réagir à cet article

Espace privé
Conception et réalisation © La Fleur Design