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Un jardin en hommage aux victimes de la dictature argentine, dans le 15ème

Bertrand Delanoë, maire de Paris, et la Présidente de la République Fédérale d’Argentine Cristina Fernandez Kirchner, ont inauguré le Jardin des mères et grand-mères de la Place de Mai, en présence d’ Estela Carlotto, Présidente de l’Association « Les Grand-mères de la Place de mai », et de Marta Vasquez, Présidente de l’Association « Les Mères de la Place de Mai -ligne fondatrice ». Étaient également présents : Anne Hidalgo, Fatima Lalem, Claude Dargent, Yamina Benguigui et Georges Sarre.

Paris entend rendre hommage par cette dénomination aux victimes de la dictature argentine et saluer le courage des associations qui ont lutté des années durant pour retrouver la trace d’enfants et petits enfants disparus sous ce régime.

Situé prêt du Pont Mirabeau, ce jardin est un nouvel espace vert dans le 15ème arrondissement.

Cette dénomination a été voté au Conseil de Paris au mois de juin 2007, après un débat en Conseil d’Arrondissement du 15ème, dont voici le compte rendu intégral :

XV/2007/085 - DPJEV2007089 – Attribution de la dénomination « Jardin des Mères de la Place de Mai » au jardin de l’ilot des Trois Marches

Monsieur le Maire : Mes chers collègues, je voudrais retenir votre attention sur ce mémoire qui présente quelques aspects un peu plus importants que les mémoires précédents. Comment les choses viennent-elles devant nous ? Au départ, il y a la démarche initiée par la Mairie de Paris, peu importe par lequel de ses responsables, pour attribuer à ce que nous connaissons tous ici, et de manière historique allais-je dire, comme l’îlot des Trois Marches, le nom de « Mères de la Place de Mai » en dédiant à celles-ci le site considéré. Je rappelle ici pour que tout soit clair que le mouvement des mères de la Place de Mai que beaucoup connaissent sans doute, est une association de mères argentines dont les enfants ont disparu victimes de la torture ou assassinés par la dictature des généraux argentins entre 1976 et 1983. On ne peut bien entendu ne pas avoir d’opposition de principe au fait que la Mairie de Paris souhaite commémorer la démarche de ces mères de famille en attribuant le nom d’un site de Paris à cet évènement et à ce mouvement des mères de la Place de Mai. J’ai reçu du fonctionnaire responsable de la Mairie de Paris il y a de cela quelques temps, à la suite de cette initiative, une lettre me faisant connaître que le Conseil de Paris avait adopté le voeu de rendre hommage aux mères de la Place de Mai en leur dédiant un site de la capitale. Il m’était précisé par Monsieur Philippe LAMY, conseiller au cabinet du Maire de Paris chargé du fonctionnement de la Commission d’Attribution des Noms, « A la demande de Madame Anne HIDALGO, première adjointe au Maire de Paris, il est prévu d’attribuer cette dénomination au futur espace vert de l’îlot des Trois Marches. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir nous faire connaître votre avis sur ce projet ». J’ai donc répondu le texte suivant que je suis heureux de porter à votre connaissance : « A l’attention de Monsieur Philippe Lamy, conseiller technique au cabinet du Maire de Paris, Vous avez évoqué auprès de moi une proposition faite par Madame HIDALGO qui consisterait à attribuer le nom de « Mères de la Place de Mai » à l’îlot des Trois Marches actuellement en cours de réaménagement. J’avais été informé il y a quelques temps de cette proposition, je n’y souscris pas vraiment car elle ne me paraît pas judicieuse par rapport au site concerné. Rendre hommage aux mères de la Place de Mai avec les explications qui s’imposent aux Parisiens n’est pas critiquable en soi, mais par contre le choix du site ne me paraît pas adapté pour les raisons suivantes. Premièrement, l’îlot des Trois Marches est déjà de fait dénommé, cette appellation ancienne du site fait en quelque sorte jurisprudence et les habitants du XVème situent bien ce lieu avec ce nom. Deuxièmement, l’îlot des Trois Marches rappelle également la présence dans le quartier des usines Citroën dont les ouvriers fréquentaient un café du même nom, lieu de rassemblement populaire. Troisièmement, ce nom est déjà tellement ancré dans le quartier que lorsque l’aménagement de l’îlot a été récemment pensé, il a été décidé d’y inclure dans la pierre, et j’avais expressément fait cette demande, les Trois Marches destinées à rappeler qu’il y avait là auparavant un lieu de vie de proximité. Ce détail est sans aucun doute ignoré, je l’imagine, par Madame HIDALGO, mais dénote bien que dans l’inconscient collectif cette dénomination est bien ancrée. J’ai donc recherché des solutions qui pourraient me semble-t-il être consensuelles – et que je fais de ce fait au Conseil –. En effet, il se trouve que tout près de là, en direction du Parc André-Citroën, derrière l’immeuble aujourd’hui occupé par les services du ministère de la Justice – en fait devant l’ancien immeuble de Canal+ –, se trouve une vraie place. Celle-ci doit être dans les temps à venir aménagée à l’initiative du Conseil de Quartier Boucicaut- Citroën qui travaille beaucoup sur ce sujet. Ma proposition était donc la suivante, ne pourrait-il pas dès lors être proposé à l’issue de l’aménagement de cette place que je viens d’évoquer, que cette place soit dénommée Place des Mères de la Place de Mai en dédiant ce site – qui n’a aujourd’hui reçu aucune appellation – aux mères courageuses dont les fils ont été sacrifiés à la dictature en Amérique du Sud. Telle est donc ma proposition dont je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire en sorte qu’elle puisse prospérer. » Dans mon esprit, c’était qu’elle puisse prospérer jusqu’au moment où le mémoire viendrait devant notre Conseil puisque telle est la procédure. Il ne peut pas y avoir dénomination avant qu’un mémoire d’attribution d’appellation vienne devant le Conseil de Paris et passe obligatoirement – ce qui est le cas ce soir – devant notre Conseil d’Arrondissement. Mais en fait, de ce qui concerne mon idée ou de la faire prospérer, j’ai reçu un amendement au vœu qui a été adopté par le Conseil de Paris, relatif à l’attribution de la dénomination de Jardin des Mères de la Place de Mai au jardin de l’ilot des Trois Marches situé dans le XVème arrondissement et déposé par Madame Anne HIDALGO, Messieurs Claude DARGENT et Gilles ALAYRAC. Et l’amendement qui nous est proposé ne fait pas du tout prospérer mon idée, il nous propose de remplacer ce soir l’expression Jardin des Mères de la Place de Mai par Promenade des Mères et Grand-mères de la Place de Mai. Il y a deux choses dans cet amendement : Nous ne sommes d’abord plus dans un jardin mais apparemment dans une promenade, ce qui est un peu tiré par les cheveux, je vais y venir dans un instant, mais, après que les mères aient constitué un mouvement, les grands-mères des enfants se sont jointes au mouvement, de telle sorte qu’il ne s’agit plus aujourd’hui seulement d’un mouvement des mères mais un mouvement des mères et des grands-mères. Pourquoi pas, on ne peut pas éliminer les grands-mères. Bien entendu, le jour où l’on attribuera ce nom à un site de Paris, tout le monde sera d’accord pour que l’on attribue le nom de mouvement des mères et des grands-mères. Mais ce n’est pas tellement cela qui est en cause ce soir, ce qui est en cause est de savoir, et nous devons nous prononcer sur le sujet, si nous acceptons ou non en définitive que cette appellation soit donnée à ce que je continue à appeler l’îlot des Trois Marches. Encore un mot pour que tout soit clair pour chacune et chacun d’entre nous. Qu’ai-je fait face à ce mémoire ? J’avais vu les travaux du jardin, les projets du jardin, je le connaissais bien mais je me suis dit, comment passe-t-on du jardin à une promenade. Je vais essayer de vous l’expliquer. L’îlot des Trois Marches est à peu près grand comme cette salle, à peine un peu plus. Il comporte en fait deux parties, une partie se trouvant sur le bord de la rue Balard, qui en fait de jardin est une partie en terre gravillonnée. Pourquoi cette partie en terre gravillonnée ne peut-elle pas être transformée en jardin ? Parce que je rappelle ici qu’il y a quelques années ont eu lieu sur ce site des travaux extrêmement importants. Je crois qu’à l’époque le coût avait été de 85 millions de francs et ces travaux avaient pour objectif de modifier et d’agrandir le grand collecteur de la rue de la Convention. Ceci était nécessaire aux yeux des ingénieurs de la Direction de l’Assainissement parce que ce collecteur était, à la vérité, trop petit et il l’était tellement que chaque fois qu’il y avait un orage, toutes les caves du quartier étaient inondées. Il est donc vrai que la réalisation de cette opération était tout à fait nécessaire et souhaitable et le grand collecteur a donc été modifié et agrandi. Mais à partir du moment où il était agrandi, le problème se posait de savoir où allaient se déverser les eaux du grand collecteur. Cela ne pouvait justement pas être dans la Seine et par conséquent le coût des travaux a été extrêmement important parce qu’il a été nécessaire de faire évacuer l’eau en passant sous la Seine. L’évacuation du grand collecteur de la rue de la Convention s’effectue au-delà de la Seine, je ne sais pas où et je ne veux pas le savoir non plus, je ne voudrais pas dire que c’est dans le XVIème.. Les eaux passent donc sous la Seine et s’évacuent après. Ces travaux ont donc conduit à l’installation d’une espèce d’usine à cet endroit-là, qui est une usine de contrôle et de vérification de tout ce système assez sophistiqué et, si vous vous y promenez, il y a tout un tas de plaques de fonte, qui sont des sites de visites de ce qu’il y a en dessous. C’est ce que j’appelle pour l’îlot des Trois Marches la partie en terre gravillonnée. Dans l’autre partie, cela doit représenter 3/5-2/5, il y a vraiment le jardin avec d’ailleurs la conservation tout à fait extraordinaire, et j’avais été tout à fait attentif à cela avec les Parcs et Jardins, d’un arbre magnifique, d’ailleurs le seul du jardin, qui doit avoir 200 ou 300 ans. Mais il est vrai qu’actuellement, le jardin comporte une aire grande comme cette pièce qui aujourd’hui fait l’objet d’une espèce de plantation sauvage, qui sera je pense améliorée par les Parcs et Jardins, et, au milieu de cette aire, c’est un peu comme s’il y avait une promenade, ce qui doit faire 1,50 mètre à peu près. Pourquoi pas, effectivement. J’envisage d’ailleurs d’y faire mettre des bancs. Cette allée est introduite par trois marches puisque l’on descend dans l’allée, ce qui a vraiment pour objet de marquer ce qu’a été l’histoire de ce lieu et ce qu’il en est à cet égard. Il s’agit vraiment de l’îlot des Trois Marches qui sont aujourd’hui solidifiées dans la pierre. Voilà, mes chers collègues quelle est la situation et je plaide en faveur de l’histoire du XVème d’une part, je plaide pour que l’on maintienne à cet îlot qui est déjà aujourd’hui historiquement dénommé, pour qu’on lui maintienne son appellation de jardin de l’îlot des Trois Marches, pour que l’on ne qualifie pas de promenade, parce que ce terme me paraît exagéré pour une allée qui doit faire 20 mètres à tout casser. Si vous suiviez ma proposition et que nous gardions l’appellation d’îlot des Trois Marches, à l’inverse, nous émettons un voeu, et notamment auprès de Madame HIDALGO, pour que si l’on veut adopter l’appellation de place des Mères et Grands-mères de la Place de Mai dans le XVème, nous proposons de donner ce nom à ce qui est de surcroît une vraie place, le grand espace se trouvant devant Canal+, aujourd’hui ministère de la Justice. Je voudrais enfin conclure en disant que tant qu’à donner une dénomination, et si l’on veut donner une dénomination ayant un peu de valeur pour Paris, il vaut mieux donner une place plutôt qu’une promenade décrite ainsi que je l’ai faite. Autrement dit, cela donnerait davantage de relief international, si c’est ce que nous recherchons, faire reconnaître par Paris un phénomène international, je dis que ce serait mieux que ce soit la place sise devant le ministère de la Justice plutôt que la promenade de l’îlot des Trois Marches. Mes chers collègues, je plaide pour que vous vouliez bien me suivre dans cette affaire et que l’on conserve l’appellation d’îlot des Trois Marches au jardin dont il s’agit. J’en ai terminé avec mon exposé. La parole est à Madame HIDALGO.

Madame Anne HIDALGO : Merci, Monsieur le Maire. Il est dommage que vous n’ayez pas raconté l’histoire du lieudit de l’îlot des Trois Marches dans votre livre, cela l’aurait enrichi et peut-être que cela nous aurait permis d’aller plus vite. Sur le lieudit tout d’abord. Le lieudit îlot des Trois Marches restera le lieudit îlot des Trois Marches dans le XVème arrondissement, il n’a jamais été proposé par le Maire de Paris, moimême ou mes services de le débaptiser. D’ailleurs, nous avons déjà débaptisé un lieu historique, cela me rappelle des débats virulents que nous avons eus ici, nous l’avons fait une fois dans le XVème arrondissement pour débaptiser la rue Alexis Carrel. Cela a donné lieu à un échange particulièrement vif car il y avait un certain nombre de riverains et je me souviens que vous aviez à l’époque évoqué cet argument selon lequel les riverains seraient tellement gênés du débaptême de leur rue qu’il ne fallait pas modifier quoi que ce soit aux dénominations parisiennes. Il se trouve que l’îlot des Trois Marches ne correspond pas à une adresse, mais bien à un lieudit et il est donc proposé qu’il reste lieudit dans le XVème arrondissement. Il y a bien effectivement deux espaces, l’espace juste à l’entrée du pont Mirabeau et devant ce très bel immeuble des années 30 et un autre espace qui était d’ailleurs en friche et sur lequel vous aviez d’ailleurs l’intention, si mes souvenirs sont bons, de construire un immeuble. En 2001, l’idée était d’y faire un immeuble et d’ailleurs beaucoup d’associations, je me souviens notamment de l’intervention de Monsieur RONDEAU nous demandant de ne pas vous suivre en la matière, ce que nous avons bien évidemment fait puisque je pense que là, les difficultés auraient été bien supérieures à celle de la nomination de ce jardin. Nous avons donc voté ensemble, et nous nous sommes d’ailleurs bien entendus pour que ce lieu qui devait ne plus être dédié à construction d’un immeuble, ce qui aurait été une aberration, devienne un jardin et que les Parcs et Jardins fassent le travail nécessaire avec les contraintes que vous avez rappelées sur cet espace. Il est effectivement proposé, et je maintiens la proposition, de dénommer cet espace Place des Mères et Grand-mères de la Place de Mai. Pourquoi les Grands-mères ? A la demande de l’ambassade d’Argentine, qui nous a demandé dans le cadre des relations que nous avons avec l’Argentine et notamment la ville de Buenos-Aires, nous a demandé de trouver un lieu, puisqu’effectivement le mouvement des mères et des grand-mères, puisqu’elles sont aujourd’hui non seulement à la recherche de leurs enfants, mais aussi de leurs petits-enfants, ce qui fait qu’elles ont modifié l’appellation de leur association. L’ambassade et la ville de Buenos-Aires nous ont demandé de trouver un lieu qui soit un joli lieu pour pouvoir consacrer une partie de cette histoire, de cette mémoire qui n’est certes pas une histoire et une mémoire du XVème arrondissement, mais le XVème étant un grand arrondissement de Paris, je pense qu’il peut également s’honorer d’avoir un certain nombre de lieux rappelant des évènements internationaux et qui rappellent notamment aussi que ce qui s’est passé en Argentine en 1977 a beaucoup mobilisé l’ensemble des démocrates, dont bien évidemment vous faites partie, Monsieur le Maire, à Paris et en France. Donc, sur le fait de donner le nom de place ou jardin des Mères et Grand-mères de la Place de Mai à ce nouveau lieu, qui n’était pas aménagé, qui vient de l’être, qui n’a pas besoin d’attendre une décision d’aménagement futur, me paraît effectivement être une bonne façon de rendre hommage à ces femmes remarquables. D’ailleurs, l’une d’elles, la Présidente de l’association des Mères et Grand-mères de la Place de Mai, Madame Estela CARLOTTO a été honorée de la médaille de la Ville de Paris. Je pense sincèrement, Monsieur le Maire du XVème arrondissement, que chercher à trouver un autre lieu alors que nous avons là un jardin qui n’était pas aménagé, que nous avons contribué à aménager, que j’ai contribué à aménager avec vous, et que ce lieu trouve un nom honorant le fait que Paris est une ville ouverte au monde, une ville solidaire des combats démocratiques qui sont portés ailleurs et que Paris a toujours été le lieu de soutien à tous ces combats pour la démocratie, qu’en plus il s’agisse de reconnaître le combat de femmes absolument remarquables dont nous ne pourrions absolument pas avoir à rougir et donner le nom de jardin des Mères et Grand-mères de la Place de Mai me paraît vraiment quelque chose qui nous honorerait. Donc, Monsieur le Maire, je reconnais là votre esprit toujours un peu compliqué, toujours très peu consensuel, de vouloir renvoyer à d’autres échéances, à ailleurs, et à d’autres lieux cette appellation. Mais pour ma part, au nom du Maire de Paris et en mon nom, avec l’amendement qui vous est proposé, qui confirme bien que l’on garde la dénomination d’îlot des Trois Marches, je maintiens bien évidemment la dénomination qui vous est présentée.

Monsieur le Maire : Mes chers collègues, je vais vous passer la parole, mais juste un mot pour répondre à Madame HIDALGO sur la démarche non consensuelle avec elle. Je précise ici que mon souci principal n’est pas d’être en situation consensuelle avec Madame HIDALGO, je le confesse volontiers.

Madame Anne HIDALGO : Mais avec personne vient d’ajouter Monsieur GOUJON qui est votre premier adjoint.

Monsieur le Maire : Pas forcément en ce moment avec le premier adjoint, en effet, mais il sait parfaitement pourquoi. Donc, Madame HIDALGO, je voudrais vous dire que j’avais en effet une autre idée. Quelle est-elle ? D’abord, je répète que la place dont il s’agit et qui n’a pas de nom a beaucoup plus d’allure que la promenade que vous proposez. Je suis obligé de le dire, il ne s’agit pas d’une promenade, il ne s’agit de rien du tout parce que le site est exigu. Deuxièmement, mon idée compliquée comme vous dites, elle l’était en effet. Nous avons désormais là, le ministère de la Justice, que pour ceux qui s’y rendent, on sait que l’entrée de ce ministère de la Justice, du fait que la place devant n’est pas aménagée, est une entrée qui se situe dans le bout d’une rue qui doit être la rue des Cévennes. Or mon idée est qu’un jour, en effet, si la place se trouvant devant le bâtiment de Meyer, qui est un très beau bâtiment, est un jour aménagée, après que les conseils de quartiers aient d’ailleurs délibéré, si on fait là une très belle place devant un très bel immeuble, je n’exclurai pas en effet que l’entrée du très bel immeuble de Meyer se situe sur la place. Ceci a plus de caractère que le coin de rue qui est aujourd’hui celui de l’entrée du ministère de la Justice. Telle était l’idée et ma proposition, accordez-le moi, n’est pas médiocre. Alors que je considère que l’appellation de « promenade » pour les 25 mètres de gravillons au milieu de l’îlot des Trois Marches, n’est pas très valorisante pour une appellation internationale. Voilà donc ma réponse à ma démarche compliquée, Madame HIDALGO, mais notre Conseil se prononcera par un vote dans un instant. La parole est à Madame de CLERMONT-TONNERRE.

Madame Claire de CLERMONT-TONNERRE : Merci, Monsieur le Maire. Bien évidemment, je crois que nous partageons tous dans cette assemblée le souci de rendre hommage à ces femmes argentines, à leur courage. Ceci étant, je voudrais attirer votre attention sur deux points. D’abord, cette délibération prend ses racines dans un voeu qui a été voté à la séance de mai du Conseil de Paris. Or si on lit le texte officiel de cette délibération, il s’agit de rendre cet hommage sur une place parisienne, il n’est à aucun moment question de jardin. J’ai le texte de la délibération sous les yeux, il s’agit d’une place parisienne qui portera le nom des mères de la Place de Mai. C’est le premier point. Le second, est qu’il existe à la Ville de Paris une Commission d’examen des projets de dénomination des voies, places et espaces verts – qui a d’ailleurs fait l’objet pour sa constitution d’un arrêté de Monsieur DELANOE au mois de mars 2002 – et qui a pour mission d’examiner tous les vœux pris au Conseil de Paris se rapportant à des dénominations. J’ai examiné cette délibération avec attention et pour avoir écouté le Président de la Société d’Histoire du XVème et un certain nombre de présidents d’associations qui sont aux abords de ce jardin des Trois Marches, j’ai senti que les gens étaient effectivement attachés à cette dénomination. Les jardiniers qui ont conçu le jardin ont, comme vous l’avez dit tout à l’heure, pris le soin le réaliser ces trois marches dans l’aménagement du jardin. Il y a donc un attachement de la part du quartier à cette dénomination. Je trouve qu’à tout le moins, on aurait dû faire passer ce projet comme il se doit pour toute dénomination d’espace public ou de rue devant cette Commission qui n’a pas siégé depuis le mois de mars 2006, je le regrette. Y siègent un grand nombre d’adjoints au Maire de Paris, y sont invités les maires d’arrondissement concernés par la dénomination et dans la mesure où le voeu portait sur la dénomination d’une place parisienne, on aurait pu imaginer de proposer d’autres places plus adaptées à l’hommage que nous souhaitons rendre. Qu’il s’agisse de l’esplanade de Canal+ ou de l’espace figurant dans la délibération, il s’agit de petits espaces.

Monsieur le Maire : L’espace devant Canal+ est assez important.

Madame Claire de CLERMONT-TONNERRE : Oui, mais est-ce le meilleur espace pour rendre cet hommage ? Je n’en sais rien mais je souhaite en tout cas que la Commission examine ce projet comme elle doit normalement le faire et qu’il y ait une discussion qui entende les adjoints au Maire de Paris concernés. Ces commissions existent et je souhaite qu’elles fassent leur travail, qu’elles soient convoquées comme elles doivent l’être. Donc, en ce qui me concerne je voterai contre ce projet s’il est maintenu en l’état parce qu’il n’a pas du tout suivi le processus réglementaire et qu’il ne correspond par ailleurs pas aux demandes de la Société d’Histoire et des habitants du quartier que j’ai pris la peine d’aller interroger parce qu’il est vrai que la localisation m’interpellait un peu.

Monsieur le Maire : Dans l’ordre, Monsieur GOUJON, Monsieur GAYET et Madame BOUILLIE.

Monsieur Philippe GOUJON : Merci, Monsieur le Maire. Il y a certes des lieux plus prestigieux dans notre arrondissement. Je trouve assez désolant que ces considérations techniques tendent à occulter un peu, il est vrai, la cause dont il s’agit et qui est celle des mères argentines dont les enfants ont disparu victimes de la barbarie de cette dictature et qui mérite d’être honorée dans notre ville qui est tout de même un symbole des droits de l’homme et de la liberté. Je pense donc que cette dénomination puisse intervenir, est-ce que cela doit être à cet endroit ? Le débat permettra peut-être d’être davantage éclairés parce qu’il y a eu assez peu de concertation aussi bien de la part de la Mairie de Paris que de la Mairie du XVème et on nous annonce encore aujourd’hui, dans cette discussion un peu confuse, qu’un amendement serait déposé mais que nous n’avons pas vu sur notre table. Il serait donc tout de même opportun, au minimum, de nous le faire connaître et de nous le distribuer pour que nous puissions nous prononcer en toute connaissance sur ce sujet. Je voudrais également dire autre chose. D’autres demandes ont également été faites concernant des dénominations dans le XVème et je voudrais simplement rappeler qu’un voeu été adopté à l’unanimité en mars par le Conseil de Paris pour rendre hommage au Général de Boissy, résistant que nous connaissons et qui a disparu en 2006, qui a d’ailleurs eu les honneurs d’un éloge du Maire de Paris lors d’un Conseil en mai. Il habitait le XVème et ce voeu proposait qu’une voie ou place parisienne, et notamment du XVème, porte le nom de cette grande figure de la résistance qui, comme vous le savez, participait de façon très assidue à toutes les cérémonies et manifestations patriotiques organisées à Paris. Je voulais tout simplement profiter de l’examen de ce projet de délibération pour rappeler la volonté de la Ville et du Conseil de trouver une place. Je voudrais enfin poser une question s’agissant de l’ilot des Trois Marches qui concerne la fameuse création d’un souterrain qui devait au rond-point Mirabeau. Ce débat a été évoqué à plusieurs reprises dans notre Conseil et les réponses de la Mairie ont toujours été pour le moins ambigües. En tout cas, ce souterrain n’a aujourd’hui pas vu le jour et puisque nous avons la chance d’avoir la présence d’un représentant de la Commission des transports, peutêtre va-t-il nous éclairer sur ce souterrain que nous réclamons de longue date et pour lequel des crédits avaient d’ailleurs été envisagés et dont nous n’entendons plus parler aujourd’hui.

Monsieur Gérard GAYET : Je voudrais faire deux observations. Je trouve que ce débat dure exagérément parce qu’il y a un consensus dans cette salle pour rendre hommage à ces femmes, comme nous devons aujourd’hui rendre hommage aux femmes du Liban, les mères qui perdent leurs enfants. Mais je ne comprends pas la position de Madame HIDALGO puisque nous sommes à l’unanimité d’accord pour donner un lieu de Paris plus prestigieux pour rendre hommage à ces femmes. Pourquoi ne nous rejoint-elle pas et pourquoi ne vientelle pas voter ce que nous voulons voter ? Si nous perdions moins de temps sur ce genre de dossier, nous pourrions aborder les vrais problèmes du XVème que nous n’abordons pas. Je suis notamment étonné de ne pas voir inscrit aujourd’hui le problème des élections présidentielles telles qu’elles ont été réalisées dans l’arrondissement, je parle des applications matérielles de ces élections. Là, c’est un vrai problème. Pourquoi Madame HIDALGO ne nous aide-t-elle pas à rétablir le nombre de bureau de vote que nous avions initialement. Ce sont là les vrais problèmes qui intéressent les gens du XVème notamment s’agissant des files d’attente que nous avons vues. Merci.

Madame Françoise BOUILLIE : Moi aussi, je me pose la question. Pourquoi y a-t-il ce blocage ? Je ne suis pas contre le fait que l’on appelle ce jardin la place des Mères et Grandmères de la Place de Mai, mais si effectivement, comme le disait Monsieur GAYET, le lieu est plus prestigieux après, j’essaie de comprendre le pourquoi de ce blocage. Je me dis que c’est peut-être parce que le PS pense que si nous n’acceptons pas cette délibération cela ne sera pas remis sur le tapis. Est-ce cela la crainte ? Auquel cas, pouvons-nous peut-être prendre un engagement plus ferme. Je ne comprends pas ce blocage et, en conséquence, je m’abstiendrai sur cette délibération.

Madame Danièle BOUVELOT : S’agissant de l’endroit dont nous parlons. D’autre part, tout le monde le nomme depuis toujours l’îlot des Trois Marches, il s’appellera toujours l’îlot des Trois Marches et ne s’appellera pas square ou jardin des Mères de la Place de Mai. Je pense que ce sera un oubli et ce n’est pas ce que vous désirez, et ce n’est pas non plus ce que nous désirons.

Madame Anne HIDALGO : Le voeu rappelle bien qu’il s’agit des Mères et Grand-mères puisque dans la délibération, les services avaient omis de parler des grand-mères.

Monsieur le Maire : Nous pouvons dire qu’il s’agit d’une erreur technique.

Madame Anne HIDALGO : L’amendement précise que c’est bien au sein du lieudit ilot des Trois Marches, la dénomination ilot des Trois Marches est donc bien maintenue, et c’est dans un esprit constructif et consensuel que nous avons proposé que ce jardin, qui est, pour ceux qui ne seraient pas allés le voir – j’y suis allée avec les services des Parcs et Jardins et de la Voirie – un lieu prestigieux par le travail remarquable qui y a été accompli. Si nous partions dans la recherche d’un autre lieu, celui qu’évoque Monsieur GALY-DEJEAN n’est pas plus prestigieux, pardonnez-moi, il est vraiment pour le coup pris entre une bretelle…

Monsieur le Maire : L’ilot n’est pas pris dans une bretelle, mais dans un noeud où les voitures stationnent et polluent en permanence.

Madame Anne HIDALGO : La place que vous évoquez devant le ministère de la Justice est d’abord moins grande, beaucoup moins prestigieuse, on pourra sans doute y faire beaucoup moins d’aménagements paysagers. Allez voir l’ilot des Trois Marches, je pense que nous n’avons pas à rougir de ce lieu. Je maintiens en tous les cas la proposition, il ne s’agit pas d’un blocage, je ne sais pas d’où est sortie cette formulation. J’ai plutôt la sensation que le blocage est de la volonté de Monsieur GALY-DEJEAN de ne pas donner satisfaction. Le nombre de propositions de modification des lieux que nous ayons faites dans cet arrondissement est tout de même rare. Nous avons toujours voté de façon consensuelle et à l’unanimité sur les propositions qui ont été faites par la majorité du XVème et je pense que vous pourriez aussi de temps en temps admettre qu’il y ait aussi dans le XVème arrondissement une volonté d’une partie de la population, si ce n’est la grande majorité, de s’inscrire dans quelque chose qui concerne le rapport de notre ville, de notre arrondissement au monde et je pense que nous ne pourrions que nous en honorer sans pour autant retirer un nom historique et que je confirme dans l’amendement.

Monsieur le Maire : Monsieur HUE.

Monsieur Jean-Manuel HUE : Je vais essayer d’être le plus concis possible. Je partage pour une fois l’opinion de Madame HIDALGO, je considère que l’endroit situé devant l’ex Canal+ n’est pas à la hauteur et elle a évoqué ce qui était nécessaire. Si je comprends bien, une partie de cet hémicycle souhaite conserver l’appellation d’ilot des Trois Marches et l’autre honorer. Pourquoi, alors que cela se pratique en d’autres endroits, ne pas avoir une plaque ilot des Trois Marches, sous-titrée ? Cela n’a pas été expliqué avec suffisamment de clarté parce que si tel est le cas, je voterai pour cela, mais tel que c’est indiqué on peut comprendre que l’appellation ilot des Trois Marches disparaît au profit de la seule appellation promenade ou jardin des Mères et Grand-mères. « Dénomination » veut dire que l’on fait tomber l’autre, que l’ilot des Trois Marches disparaît.

Madame Danièle BOUVELOT : Monsieur le Maire, je voudrais vous poser une question : le long de cette voie rapide au bas du Front de Seine se trouve tout un endroit garni d’arbres, pourquoi n’en ferait-on pas le mail par exemple ?

Monsieur le Maire : C’est en effet une assez bonne proposition, Madame BOUVELOT parce que ces mails, qui sont de vraies promenades pour le coup, ne sont pas actuellement baptisés.

Madame Danièle BOUVELOT : C’est pour cela que je posais la question.

Monsieur Philippe GOUJON : Monsieur le Maire, je voudrais juste revenir sur le souterrain, c’est un autre sujet, mais puisque l’on est sur un lieu. A-t-on quelques idées sur l’avenir de ce souterrain ?

Monsieur le Maire : Eh non. Oui, je peux vous raconter, si vous m’interrogez sur le souterrain, ce qui est arrivé. J’étais, pourquoi ne pas le dire, l’initiateur du franchissement souterrain de la place du rond-point Mirabeau et d’ailleurs, lorsque l’on regarde ce qui s’y passe aujourd’hui, c’est-à-dire les voitures sortant du souterrain et remontant sur la bretelle qui débouche sur la place Balard, il y a une retenue de voitures, donc pollution, et parfois la retenue va jusqu’au milieu du souterrain parce qu’il faut remonter sur cette place qui en matière de voirie est extrêmement petite et surtout assaillie de tous cotés. Il y a ce qui vient du XVIème, ce qui vient du quai, vous connaissez tous cette place avec toutes les voies qui débouchent dessus et il est vrai qu’à mes yeux ce franchissement souterrain était utile. J’ajoute pour dire également un mot, mais nous n’allons pas perdre trop de temps, sur l’immeuble. L’idée de l’immeuble consistait ni plus ni moins qu’à reboucler la place qui est actuellement totalement déstructurée, pour ceux qui veulent s’intéresser à l’aspect urbanisme. Il n’y a que deux immeubles, elle est déstructurée et on pouvait imaginer pouvoir la refermer comme une place. Je réponds à Monsieur GOUJON. Lorsque j’ai dit à Monsieur SAUTTER au début de cette mandature, parce que j’ai eu une longue conversation avec lui sur ce sujet et ceci d’autant plus que de l’argent était déjà inscrit au budget de la Ville de Paris. Je lui ai demandé « Premièrement, qu’allez-vous faire ? Allez-vous poursuivre la réalisation du souterrain ? Sinon, qu’allez-vous faire de l’argent qui est inscrit au budget ? » La réponse de Monsieur SAUTER a été immédiate, je résume, « Tant que nous serons aux responsabilités dans cette ville, il n’y aura jamais de souterrain de franchissement sous le rond-point de la place Mirabeau ». Quant à l’argent, je ne sais pas ce qu’il en a fait, mais peut-être que quelqu’un pourrait aller chercher l’information. Je ne suis pas capable de dire où il a été affecté. Mes chers collègues, nous n’allons pas rester plus longtemps sur ce sujet, je crois que nous devons nous prononcer sur le mémoire. Ou on est d’accord avec la proposition de Madame HIDALGO ou on n’est pas d’accord. Non, Madame BOUILLIE, vous avez dit que vous vous absteniez, vous avez déjà pris la parole !

Madame Françoise BOUILLIE : Oui, parce que justement, l’intervention disant que l’espace est beau et que le jardin est beau me fait réfléchir. Un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, pourquoi n’avons-donc nous pas eu des photos ?

Monsieur le Maire : On peut aussi se déplacer, prendre ses jambes et aller se promener dans cet espace. Vous avez eu ce mémoire mercredi dernier. De toute façon, Madame BOUILLIE, votre intervention n’est pas bonne, un dessin ne montre pas ce qu’est le parc aujourd’hui. Si vous voulez savoir ce qu’il en est, vous prenez vos jambes, ce n’est pas difficile, et vous allez voir. C’est en effet bien fait, je n’ai que des compliments à faire aux Parcs et Jardins, encore faut-il aller sur place pour s’en apercevoir. Mes chers collègues, je mets aux voix. S’agissant de l’amendement tout d’abord, je pense que tout le monde est d’accord pour que l’on respecte l’appellation vraie et définitive du mouvement dont il s’agit et qui n’est plus seulement mouvement des mères, mais mouvement des mères et des grand-mères. J’imagine que tout le monde est d’accord pour que cette appellation soit respectée. Je mets aux voix, unanimité, merci bien. L’amendement étant ainsi adopté, je mets aux voix le mémoire. Qui est favorable à l’adoption du mémoire ? Madame BOUILLIE vote pour. Qui est opposé à l’adoption du mémoire ? Levez la main clairement, par moitié.

Monsieur FOISEL : J’ai dix à dix.

Monsieur le Maire : Je vote également contre. Qui s’abstient ? Le mémoire est donc repoussé par 12 voix contre 10. Nous passons au mémoire suivant.



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