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Anne Hidalgo : « 60.000 nouveaux logements entre 2014 et 2020 » (Direct-Matin)

DR : Mathieu Delmestre

Interview publiée dans le journal Direct Matin le 19 avril 2013.

Quel est le bilan de la mairie en matière de logement ?

Anne Hidalgo : Paris a rattrapé son retard en matière de logement social. En 2014, nous aurons financé 70 000 nouveaux logements sociaux et nous serons passés de 13,4% depuis 2001 à 20%. Sur ces 70 000, un tiers concerne les classes moyennes ; je rappelle que 70% des Parisiens sont éligibles à cet habitat. Nous avons aussi fait des efforts considérables pour résorber l’habitat insalubre, moins de 50 immeubles avaient été traités sous l’ère Tibéri, nous en avons traité 1 035. De même, on en parle peu, mais nous avons permis de sauver 13 000 logements occupés d’une vente à la découpe. Et nous avons accordé 19 000 prêts à taux zéro, qui ont permis à autant de ménages d’accéder à la propriété. Enfin, nous avons remis de la transparence dans l’attribution des logements sociaux, puisqu’avant 2001, il y avait des critères clientélistes. Depuis 2001, 55 000 ont été attribués par des commissions sans que le maire n’intervienne.

Vous souhaitez dépasser les 20% de logements sociaux…

J’ai pour objectif d’atteindre les 25% dans Paris, comme le veut la loi. Je continuerai à mobiliser les les Zones d’Aménagement Concertés (ZAC), les préemptions… Il faut aussi aller plus loin. Je veux créer 10 000 logements par an dans Paris, sociaux et non sociaux. Des logements pour tous. Ceci permettra de constituer une offre de logements pour la classe moyenne et les jeunes actifs. Dans la mandature 2014-2020, je mise donc sur un total de 60 000 nouveaux logements. Ce sera la priorité des priorités.

Comment y parvenir ?

Je veux y faire participer le secteur privé. Je veux le mobiliser dans un «Pacte pour le logement». Le Maire de Paris sera au cœur de ce partenariat avec les différents acteurs du logement et jouera un rôle de coordination et d’impulsion. Je m’engage à continuer à produire du logement neuf dans les ZAC et proposer des logements en accession à des loyers inférieurs à ceux du marché actuel.

Envisagez-vous de construire plus haut ?

Nous pourrons lancer la construction de nouveaux immeubles de 50 mètres partout où ce sera possible avec une qualité de vie agréable, notamment dans les ZAC Clichy-Batignolles (17e), Paris Nord-Est (18e-19e), Paris Rive Gauche (13e)ou encore Bercy-Charenton (12e)… Ceci permettra déjà de créer 1500 logements par an. Tous ces bâtiments répondront à une exigence de qualité environnementale et architecturale.

Et la transformation des bureaux en logement ?

Celle-ci permettra de créer 1000 nouveaux logements par an. Il y a aujourd’hui 200 000 m2 de bureaux qui sont susceptibles d’être concernés. Je souhaite aussi y installer des logements sociaux, mais aussi pour les classes moyennes. Nous reverrons le PLU afin d’optimiser certains bâtiments que l’on pourrait surélever là où c’est possible sans altérer la qualité de l’habitat. J’engagerai un travail très fin sur des petites parcelles notamment dans les arrondissements où il n’y a pas de ZAC, qui sont en retard par rapport à l’offre de logement sociaux et de logements pour les classes moyennes. Cela représente environ 2000 logements par an. Il existe aujourd’hui une obligation de construire 25 % de logement social dans les programmes privés de plus de 800 m2. Je souhaite étendre cette obligation aux logements pour les classes moyennes notamment dans les arrondissements de l’Est.

Comment serait géré un tel parc ?

Je proposerai de créer une agence immobilière publique/privée qui non seulement sera un outil de mobilisation pour le logement et gérera le parc destiné aux classes moyennes. Je souhaite travailler à ce projet un pool d’opérateurs (les institutionnels, les compagnies d’assurances, les caisses de retraite, les foncières…) avec des objectifs annuels. Les conditions d’attribution transparentes seront définies pour permettre aux classes moyenne set aux jeunes actifs de se loger dans de meilleures conditions.

Plusieurs associations pointent du doigt les logements vacants ?

Aujourd’hui à Paris, il y a environ 200 000 logements vacants. Cela fige la mobilité des Parisiens dans un parc locatif qui ne joue plus son rôle. Je lancerai une mission dans les prochaines semaines pour comprendre et identifier les blocages à la location. Je veux mobiliser ces logements pour les classes moyennes et les jeunes actifs.

Le développement de la colocation est-il une solution alternative ?

L’association Paris Solidaire travaille sur la cohabitation entre les générations. C’est une piste intéressante. Mais il existe des freins juridiques et législatifs qui empêchent son développement. J’ai demandé aux parlementaires parisiens de la majorité d’y travailler pour rendre possible cette colocation notamment intergénérationnelle. Elle peut concerner aussi bien le parc social et aussi que le privé.

Des solutions sont-elles aussi envisagées avec le Grand Paris ?

Je me suis battue, comme d’autres, pour qu’une instance de gouvernance puisse gérer la question du logement et de l’urbanisme sur l’ensemble du Grand Paris. C’est en élargissant l’échelle qui est la nôtre que l’on pourra résoudre la crise du logement en proposant des habitats abordables, serviront aussi la dynamique économique et écologique de la région. Dans une métropole qui participe à 30% du PIB national, il n’est pas possible de continuer à souffrir de la crise du logement et des infrastructures de transports. C’est pour moi une exigence de solidarité. Ce serait très préjudiciable à la croissance du pays.

Êtes-vous satisfaite de votre premier débat avec Rachida Dati, souhaitez-vous en organiser d’autres avec vos opposants, dont Nathalie Kosciusko-Morizet ?

C’était un débat combatif, il n’y a pas eu de complaisance de part et d’autre. Maintenant, l’UMP est dans une démarche de primaire. D’autres débats viendront. J’aime la confrontation des idées, dans le respect des personnes. C’est d’ailleurs à cette exigence là que je demande à chacune et à chacun de se conformer.