Anne Hidalgo : « En 2013, je nous souhaite d’Oser Paris encore plus fort! »
Anne Hidalgo, candidate pour être la prochaine Maire de Paris, présentait ses voeux aux adhérents d’Oser Paris, l’association de soutien à sa candidature, lundi 21 janvier sur le site de l’exposition Tara Expéditions. Retrouvez ci-dessous l’intégralité de son discours :
Je tiens à remercier Jean-Louis Missika, Rémi Feraud, François Dagnaud et tous les élus qui me soutiennent.
Chers amis, c’est une immense joie de vous retrouver si nombreuses et nombreux pour fêter et commencer ensemble cette nouvelle année 2013.
Je vous souhaite une bonne année à vous, à vos proches : bonheur, santé, douceur, combativité. En 2013 je nous souhaite d’Oser Paris encore plus fort !
Je suis heureuse de vous retrouver ici sur la goélette Tara, ce n’est pas un hasard. Tout un symbole. Tara a écumé tous les océans, les pôles. Et nous fait un clin d’œil ce soir avec ce Paris et cette Seine sous la neige.
Tara est un emblème des défis que l’humanité doit relever. En premier lieu, le défi climatique. Je vous invite à découvrir les travaux des chercheurs de Tara engagés pour la sauvegarde de la planète. Et donc des océans.
Je suis aussi heureuse de vous retrouver sur les berges de Seine, inscrites au patrimoine mondial de l’humanité, un site exceptionnel demain reconquis. Là aussi se dessine la ville écologique.
2013 est une année décisive, ce sera une année intense pour la construction de notre projet pour Paris, ce sera aussi, n’en doutons pas, une année intense de combats politiques. J’y suis prête avec votre soutien précieux. Ce sera une année riche en événements et en occasions de nous retrouver. J’ai voulu prendre le temps d’un travail approfondi avec vous en 2013 pour préparer 2014. 2013 est donc décisive. Je veux nous faire gagner, je veux avec vous faire gagner Paris!
Paris s’est beaucoup transformé. En 2001, l’enjeu était de redonner de l’honneur et de la modernité à cette ville, de rattraper le retard et de rééquilibrer l’Est et l’Ouest. Les enjeux étaient démocratiques et sociaux.
Le monde a changé. Aujourd’hui, les métropoles occupent une place centrale ; 70% de la population mondiale est destinée à y vivre. Elles sont en compétition. Le destin de Paris est d’assumer résolument, avec exigence son statut de métropole mondiale. En grande pragmatique que je suis, je sais que pour répartir les richesses, il faut d’abord les créer.
Valoriser nos atouts est la condition pour la qualité de vie de chacun de nos quartiers, à Paris et dans le Grand Paris.
Cette métropole, c’est bien le Grand Paris, c’est l’échelle pour trouver les solutions. C’est dans ce cadre en gestation que le projet que je porterai en 2014 doit se déployer.
Les calendriers se chevauchent et j’espère que l’avènement du Grand Paris sera réalisé avant les prochaines municipales. Nous sommes au pied du mur, une loi est en préparation, elle sera présentée prochainement au Parlement. Nous avons un devoir de réussite.
Les défis que nous avons à relever sont ceux d’une ville-monde, de 2.3 miliions d’habitants, dans la zone dense, une métropole de 10 millions d’habitants, qui n’a pas été conçue pour accueillir une telle population, au sein d’une région de 12 millions d’habitants.
Le Grand Paris, « pour quoi faire ? » me demandent parfois les Parisiens. Parce que dans les 10 ans qui viennent, il faudra améliorer les transports, construire des logements en particulier pour les jeunes, les classes moyennes, les familles, rééquilibrer l’est et l’ouest de notre agglomération, développer l’activité et l’emploi, engager la transition énergétique, être capable de vivre ensemble dans une métropole solidaire.
Nous sommes attendus sur des actes.
Et d’abord sur le logement, la priorité absolue. Je l’ai dit, je fais mien l’objectif de 25 % de logements sociaux, mais nous devons aussi proposer en plus grand nombre des logements aux classes moyennes et aux jeunes qui sont l’énergie de notre territoire. J’ai commencé à travailler avec tous les acteurs de la construction.
Bien sûr les acteurs privés, ils sont ouverts aux partenariats tant la situation est tendue et peut avoir des conséquences négatives sur la dynamique économique de notre métropole. Toute une palette de solutions se dessine pour faciliter la construction de logements privés à des prix abordables pour les jeunes et les familles. Je souhaite qu’on les étudie, qu’on les chiffre et qu’on se prépare à les mettre en œuvre en 2014.
Comment faire ce Grand Paris ? Nous avons besoin d’une gouvernance démocratique de cette zone dense et d’un véritable pouvoir de décision pour agir.
Je consacre toute mon énergie à ce que le Grand Paris soit intégrée dans la loi. Je le dis au gouvernement : la bonne échelle pour agir c’est la zone dense, là où se posent les problèmes de logement et de transport de 10 millions de personnes. Ne pas améliorer leur vie quotidienne serait inconcevable, c’est attendu depuis trop longtemps.
Ne pas agir sur ce territoire c’est prendre le risque de pousser vers la grande couronne ceux qui n’arriveraient pas à se loger dans la zone dense, mais c’est aussi prendre le risque de porter atteinte à notre attractivité, cela se mesure assez simplement en points de PIB.
Faire un Paris, plus grand que Paris ! Cela suppose le dépassement des conservatismes et des égoïsmes.
Je veux pouvoir aborder le mandat de 2014 avec une gouvernance démocratique du Grand Paris, votée dans la prochaine loi, pour agir à la bonne échelle. Là, j’agis aujourd’hui avec le Maire de Paris et de nombreux élus de Paris Métropole.
Je voudrais vous livrer des intuitions des perspectives sur lesquelles je souhaite que Oser Paris se mobilise. Je souhaite pouvoir investir fortement dans l’avenir.
Les investissements d’avenir ce sont d’abord les investissements qui concernent les entreprises. Elles créent des richesses et de l’emploi.
En premier lieu les start-up. Il faut s’appuyer sur ce qui marche : universités, cluster, centres de recherches, artistes, designers, entrepreneurs…c’est en mettant tout cela ensemble que l’on créé les conditions de multiples big-bang, avec des effets d’entraînement, des impacts économiques et bien sûr la création d’emplois.
Je veux soutenir les espaces de création, les incubateurs, les pépinières, tout ce qui permet la rencontre entre des chercheurs, des entrepreneurs, des artistes, est fécond, nous le voyons déjà à Paris.
Il faut maintenir les investissements. Depuis 2001, Paris a investi massivement. 8 milliards dans la première mandature, 9.2 milliards dans la seconde. Cet investissement public de Paris, ce sont des services, des équipements de proximité pour tous les Parisiens. Il soutient aussi l’économie et l’emploi de notre ville, de la région et du pays.
Dans cette période de réforme de collectivités territoriales, je continuerai à porter le message qu’il ne faut pas entamer cette capacité d’investissement des collectivités territoriales qui représentent 70% des investissements publics nationaux.
Investir demain, ce sera aussi: la prolongation du tramway, pour relier l’Est à l’Ouest. Les enfants de la porte de Pantin pourront se promener dans le bois de Boulogne et sur les pelouses d’Auteuil.
J’ai exprimé récemment une volonté de reconquérir de grands espaces publics au cœur de la Ville. Une ville écologique est une ville plus végétale, avec plus d’espaces verts. Et bien sûr la Petite Ceinture est un enjeu. Et je vous invite à participer au grand débat citoyen qui s’ouvre.
Mais fabriquer la ville écologique, c’est aussi la reconquête d’autres espaces. Nous avons besoin de lieux de respiration dans la ville. L’héliport de Paris, une anomalie urbaine, ce sont 6 hectares. Travaillons aux usages que nous pourrons en faire.
Je veux aussi proposer à Oser Paris de se pencher sur les aménagements de deux grandes places de notre Ville : la Bastille et la Nation.
A travers tout cela se dessine une politique ambitieuse de lutte contre la pollution. En réduisant la vitesse des voitures nous réduisons la pollution. Nous sécurisons aussi la ville pour nos enfants.
Je souhaite que toutes les rues fréquentées par les petits parisiens soient sécurisées : sorties d’école et de collège, de piscine, de stade, de conservatoire… Une ville où l’on peut lâcher la main de nos enfants et une ville plus sûre pour tous, y compris pour les aînés.
Je veux aussi vous demander de travailler sur une nouvelle donne à Paris, qui est le résultat immédiat de notre politique de déplacements : l’augmentation impressionnante des deux roues motorisées. Nous n’avons pas anticipé le phénomène et je souhaite qu’Oser Paris puisse faire des propositions pour une meilleure cohabitation dans la ville.
Investir c’est aussi construire de nouvelles crèches, des écoles et des collèges. Car Paris est une ville jeune où on continue de faire des bébés. Cette jeunesse est la richesse de notre ville.
Il y a un sujet immédiat, mais il nous engagera durablement, celui de la réforme des rythmes éducatifs que nous devons réussir ! Pour nos enfants. Faisons en sorte que toutes les richesses culturelles et sportives, associatives de la ville bénéficient à nos enfants. Nous le savons, la réussite scolaire doit beaucoup à l’environnement social et familial. Etudier dans de bonnes conditions, avec des enseignements qui respectent les rythmes d’apprentissage, avec des parents qui s’impliquent, n’est malheureusement pas la réalité vécue par les gamins de Paris. Tout faire pour que tous les petits Parisiens puissent accéder à la culture et aux sports, c’est oeuvrer pour leur réussite.
La réforme des rythmes éducatifs sera une opportunité pour franchir une marche supplémentaire, et je sais que nous relèverons ce défi avec les parents, les enseignants, les personnels éducatifs de la ville et avec les associations très présentes à Paris.
Il nous faudra partir du monde réel : à Paris, 87% des femmes travaillent, 80% des enfants déjeunent dans les cantines scolaires.
Je vous demande en tant que citoyen de vous engager dans la réussite de cette réforme car c’est une réforme avant tout de justice sociale.
Enfin, Paris est une ville qui bouillonne, ce n’est pas la belle endormie que les déclinologues se risquent à nous décrire. Il suffit de se promener et d’humer l’esprit de Paris pour ses vibrations.
Paris a besoin de vibrer, de battre au rythme de temps forts, de rendez-vous populaires en hiver comme en été. Organiser des bals dans les nouveaux espaces publics sur les quais, sur la place de la République où l’on viendrait entre amis ou en famille. Ou encore pourquoi ne pas profiter des périodes creuses dans l’agenda des musiciens, pour organiser des « Francofolies d’hiver » sur les Grands Boulevards parisiens en impliquant, la rue, les cafés, les théâtres ?
Paris ne manque ni de ressources, ni d’acteurs, ni d’impulsions, ni d’imagination. Les Parisiens sont la source de cette énergie.
Les Parisiens sont divers avec 200 nationalités, 330 000 personnes possèdent un autre passeport. Toutes les religions, toutes les croyances coexistent. Faire vivre cette diversité n’est pas chose simple. Cela suppose l’équilibre, du respect et de la sécurité.
Je pense à la magnifique phrase de Gandhi, « je ne veux pas que ma maison soit murée de toutes parts, ni mes fenêtres bouchées, mais qu’y circule librement la brise que m’apportent les cultures de tous les pays.»
Le destin de Paris ne peut être l’immobilisme, le repli sur soi. Son destin est de continuer à inventer.
Je suis déterminée. Je veux conduire Paris à la victoire. Pour que Paris reste une ville où le futur s’invente, une ville moderne et solidaire, qui rayonne et qui inspire. Je veux que Paris gagne !
J’ignore qui sera le candidat de l’UMP en 2014 mais comme tous les Parisiens je fais confiance à Jean-François Copé et François Fillon pour nous organiser de belles primaires à Paris.
Je suis candidate pour être la prochaine Maire de Paris. Contrairement à d’autres, je ne considère pas cette fonction comme un tremplin pour d’autres calculs. Paris est ma ville, j’y ai planté mes racines il y a plus de trente ans.
La campagne pour la Mairie sera rude, elle est convoitée, rien de surprenant, Paris vaut bien un combat ! Rien n’est gagné si l’on ne combat pas. J’y prendrai toute ma part en rassemblant les femmes et les hommes qui apportent leur énergie à notre ville et en partageant un projet pour notre avenir. L’élection municipale est le rendez-vous démocratique des Parisiens avec leur histoire.
Paris est une capitale mondiale, européenne. Elle est confrontée aux grands défis de notre planète. Mais Paris est vivante, créative, ingénieuse, bouillonnante, agréable, Paris, avec le Grand Paris, peut encore mieux, encore plus pour les siens. Là, à cette échelle, avec cette histoire puissante, nous pouvons trouver des solutions. Et j’adore trouver des solutions.
Je vous souhaite à toutes et à tous une merveilleuse année 2013 et encore merci d’être là vous qui avez bravé le froid. Vous me donnez une énergie formidable et je tiens du fond du cœur à vous en remercier.
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