Article publié sur le site du quotidien Métro News le 25 juin 2013.
INTERVIEW – Anne Hidalgo, candidate socialiste aux municipales à Paris, esquisse dans metronews de nouvelles propositions pour les transports à Paris. La candidate qui plaide pour « l’éradication » du diesel, promet des mesures en faveur des utilisateurs de véhicules électriques.
Le développement du véhicule électrique est l’un de vos thèmes de campagne. Que
proposez-vous pour inciter les Parisiens à délaisser leur vieille voiture ?
La voiture électrique est l’une des solutions au problème de santé publique que représente le
diesel. L’expérimentation réussie d’Autolib’ nous permet de dire qu’on peut miser sur ce mode de
transport. Pour y inciter les Parisiens, je vois plusieurs pistes. Je propose la gratuité de
stationnement pour tous ceux, résidents ou visiteurs, qui ont une voiture électrique. Je veux
également aller plus loin en termes de bornes électriques. A Paris, nous en comptons 2.500, dont
250 accessibles à tous les véhicules électriques, et 250 autres qui seront créées d’ici à la fin
de la mandature. Je réclame une harmonisation du système de bornes au niveau européen par les
constructeurs et d’ores et déjà, je suis prête à équiper massivement Paris. Je propose aussi la
gratuité du rechargement des véhicules électriques la nuit.
Autolib’ a attiré de nouveaux utilisateurs mais ne semble pas avoir persuadé ceux qui
possédaient déjà une voiture de s’en débarrasser. N’y a-t-il pas un risque à renforcer encore
un peu la flotte des véhicules individuels à Paris ?
Beaucoup de gens disent avoir abandonné leur vieille voiture pour Autolib’. J’avais tenu
justement à ce qu’Autolib’ offre quatre places avec un coffre, car les propriétaires de
véhicules à Paris sont souvent de jeunes ménages avec enfants. Il y a un mouvement de
substitution qui, je pense, va s’amplifier.
Inciter les Parisiens à acquérir un véhicule électrique ne risque-t-il pas de créer une
concurrence néfaste pour Autolib’ ?
Je ne crois pas. Les Parisiens veulent un service qui leur corresponde le mieux. Il leur faut
une palette de choix, du métro au tramway en passant par Vélib’, les déplacements à pied,
Autolib’ ou le véhicule personnel pour ceux qui en ont besoin. Les propriétaires d’une voiture à
essence ou au diesel pourront être intéressés par ces propositions.
La Ville de Paris a financé des mesures incitatives pour l’achat de vélos électriques.
Souhaitez-vous la même chose pour les voitures électriques ?
Je préfère mettre des moyens sur le prolongement du tramway, le développement d’Autolib’ et
l’extension des pistes cyclables. Une prime à l’achat de véhicules électriques pourrait passer
pour une incitation au transport individuel au détriment du collectif ou de l’autopartage. Le
rôle de la Ville est plutôt d’intervenir sur les infrastructures nécessaires pour accueillir ces
véhicules.
Plus généralement, faut-il augmenter le prix de l’amende de stationnement à Paris,
actuellement de 17 euros ?
Il faut aller vers une augmentation car le montant actuel n’est pas dissuasif. Par ailleurs, il
faut un stationnement résidentiel qui soit prioritairement en sous-sol. Je regarde avec intérêt
les nouveaux sites et services payants qui proposent une mutualisation des places de parking,
permettant à chacun de réserver une place laissée libre en journée. Cela fait des véhicules en
moins en surface et permet de gagner de la fluidité et de l’espace au profit des pistes
cyclables et des circulations douces.
Faut-il aussi réviser les tarifs, notamment pour le stationnement
résidentiel ?
C’est une mesure qu’on avait prise en 2001. A l’époque, plus de 60% des foyers parisiens avaient
une voiture, aujourd’hui ils sont 40%. Je suis plutôt d’avis de substituer le stationnement dans
les parkings au stationnement de surface. En revanche, je souhaite que les artisans et les
commerçants qui ne résident pas à Paris puissent aussi bénéficier du tarif stationnement
résidentiel.
Vincent Michelon
- Retrouvez également les premières mesures pour lutter contre la pollution au diesel, détaillées par Anne Hidalgo dansune interview au Monde, en avril dernier





