Anne Hidalgo : "La sécurité est un droit à ne pas traiter avec légèreté" (L'Opinion)

Anne Hidalgo : "La sécurité est un droit à ne pas traiter avec légèreté" (L'Opinion)
DR : Creative Commons - Flickr Sean Ganann

Candidate PS à la Mairie de Paris, Anne Hidalgo, qui présentera des listes sous le double signe de la parité et du non-cumul des mandats, estime que la droite parisienne traite « avec légèreté» le dossier de la sécurité. Ainsi juge-t-elle que l'idée de Nathalie Kosciusko-Morizet de rétablir des arrêtés anti-mendicité agressive est de la pure « gesticulation ».

On a changé Anne Hidalgo. Finie la candidate empruntée, qui s'abritait derrière Bertrand Delanoë, pesait le moindre de ses mots et veillait à ne parler, sauf par allusions, ni de sa rivale UMP ni d'elle-même. Maintenant, elle ose, elle cogne et entend qu'on la respecte. Halte, dit-elle, à la « condescendance » ! Feu sur ceux qui prétendaient avoir cherché en vain chez elle une quelconque « aspérité» « L'aspérité, martèle l'Andalouse (naturalisée française en 1973), c'est que je suis là où je ne devrais pas être. » Et Anne Hidalgo d'insister soudain, comme jamais : « Le pouvoir, ça se conquiert. Dans la loyauté, mais ça se conquiert. »

La candidate socialiste se dit convaincue que le 5e arrondissement va basculer à gauche, ce qui ôterait toute chance à la droite de reconquérir Paris. Dans son élan, elle s'en prend à « la candidate de la droite parisienne ». Voici NKM accusée de n'avoir pas « l'expérience des vraies blessures» (de celles qui permettent de « se forger » dans l'adversité), de « manquer de finesse politique », de n'avoir pas de troupes et, au total, de ressembler un peu trop à... Nicolas Sarkozy !

L'objectif d'Anne Hidalgo n'est pas de participer à Paris à un pancrace de femmes. C'est politiquement qu'elle « cherche » Nathalie Kosciusko-Morizet. Et c'est le dossier de la sécurité qui, aujourd'hui, oppose les deux femmes. Mercredi, sur i>Télé, NKM assure que c'est à Paris « le problème numéro un » et réclame la réintroduction des arrêtés anti-mendicité. Anne Hidalgo bondit : « Le problème numéro un, c'est le logement. Puis l'emploi. » Mais la disciple de Martine Aubry et l'admiratrice de Manuel Valls n'entend pas se laisser déborder.

  1. « La sécurité est un droit, dit-elle. A ne pas traiter avec légèreté. » « Le problème numéro un, c'est le logement. Mais la sécurité est un droit à ne pas traiter avec légèreté»
  2. « Si, statistiquement, Paris est bien en dessous de New York et de Londres s'agissant des homicides, en revanche, les vols, les cambriolages et les vols à la tire sur la voie publique sont à la hausse. »
  3. Paris a perdu, entre 2009 et 2012, 1 500 policiers. Les effectifs globaux des inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris sont passés, eux, de 681 à 1 048 agents entre 2000 et 2012. Il y a aujourd'hui, pour la ville, un peu plus de 1 000 caméras de surveillance : « Le sujet n'est pas tabou. »
  4. Si Anne Hidalgo, compte tenu du statut de Paris-Capitale, exclut toute idée de « police municipale », elle souhaite demain un « maillage » plus serré des forces de police et l'installation systématique dans de « correspondants de nuit » qui, entre 16 heures et 24 heures, sous l'étiquette « Mairie de Paris », assument déjà une mission de vigilance et d'alerte. Autre idée : la création de « brigades » pilotées par la préfecture de police sur les sites à forte densité (notamment touristique).

La candidate PS juge « inacceptable la stigmatisation et l'instrumentalisation politicienne du dossier des roms ». Elle s'étonne que NKM préconise le retour à des arrêtés anti-mendicité (« C'est de la pure gesticulation ») : non seulement la loi permet d'agir, mais le problème est d'une tout autre ampleur. « On est dans le crime organisé, martèle la première adjointe de Bertrand Delanoë, avec de véritables réseaux criminels à l'échelle de l'Europe. » La seule réplique qui vaille une coordination des polices européennes puisqu'en France, quatre réseaux sont tombés récemment. « L'Europe prend aujourd'hui un peu plus au sérieux qu'hier le dossier des roms », se félicite Anne Hidalgo, qui juge « ridicule » que des primes de 350 euros aient pu être données hier à des roms pour regagner leur pays. Avant qu'ils ne reviennent en France très vite.

Dominique de Montvalon

Publié le Jeudi 19 Septembre 2013 à 14h28