Interview publiée dans Le Parisien, lundi 10 juin 2013.
Redoutez-vous l’impact du climat politique et social sur les élections municipales ?
Le climat politique général aura probablement une incidence sur les municipales. Mais ces élections sont aussi un moment ou les Parisiens ont rendez-vous avec leur quotidien et l’avenir de leur ville.
Les Parisiens votent souvent a contre-courant des tendances nationales. Est-ce que ce sera encore le cas l’an prochain ?
Ce sera à eux de le dire. Les Parisiens, parce qu’ils sont fiers de leur ville, ne vont généralement pas là ou on les attend. Lors des élections municipales, ils répondent a la question posée, c’est-à-dire sur le destin de leur ville et leur manière d’y vivre au quotidien. Et puis, pour incarner et diriger Paris, il faut une figure forte — je veux bien sur être celle-là — et aussi une équipe. Je suis une rassembleuse, avec une équipe très large, très ouverte. Je constate que mon adversaire est souvent bien seule. La bataille pour Paris ne doit pas préfigurer celle d’après, celle de 2017. Pour moi, la bataille de Paris, c’est celle de 2014.
Pourquoi la majorité sortante se présente-t-elle en ordre disperse au premier tour ?
Le Front de gauche n’a pas encore pris sa décision. Quant aux Verts, ils viennent de designer Christophe Najdovski comme tête de liste, un adjoint au maire de Paris que j’apprécie. Ce qui compte, c’est de porter ensemble un bilan qui nous unit depuis douze ans. Jusqu’à la date limite de dépôt des listes pour le premier tour, je resterai ouverte à une discussion avec nos partenaires pour un large rassemblement.
Est-ce que la présence de Bertrand Delanoë n’est pas un peu encombrante pour vous dans cette campagne ?
Encombrante quand on a la popularité de Bertrand Delanoë et notre bilan commun ? Non, pas du tout. Bien au contraire, cet héritage-là, je le revendique et je le préfère a l’héritage de la droite parisienne que d’autres auront à assumer.
La primaire UMP n’a-t-elle pas finalement booste NKM ?
L’UMP a maintenant une candidate. Désormais, les choses sont claires. J’ai suivi à distance cette primaire qui a quand même été marquée par une certaine culture politique. J’ai même entendu M. Copé dire que l’UMP apprenait la démocratie. Moi, je préfère qu’on la connaisse avant de prétendre aux clés du pouvoir!
Parmi les qualificatifs sur lesquels BVA a interrogé les Français (nos éditions d’hier), quels sont ceux que vous retiendriez concernant votre adversaire ?
Je suis assez d’accord avec les 48 % qui la trouvent « arrogante » et avec les 70 % qui ne la t r o u v e nt « pas proche des gens »…
Etes-vous d’accord avec la proposition de NKM de modifier le mode de scrutin du maire de Paris au profit d’une élection directe ?
Elle voudrait changer le mode d’élection du maire de Paris quelques mois avant l’élection. De quoi a-t-elle peur ? Ce n’est pas parce qu’elle peine à se trouver un point de chute dans un arrondissement qu’elle doit ainsi tenter de changer la règle du jeu. En plus, elle se trompe en expliquant que ce sont les maires d’arrondissement qui désignent le maire de Paris. J’espère que d’ici à 2014 elle va se renseigner sur la loi dite PLM: c’est l’ensemble des conseillers de Paris qui élise le maire de la capitale et pas seulement les maires d’arrondissement. Sa proposition reviendrait a transformer les maires d’arrondissement en collaborateurs du maire de Paris. Pas sûr que les Parisiens, qui sont très attachés à leur arrondissement, apprécient.
Patrick Buisson, le très droitier conseiller de Sarkozy, estime que NKM ne peut pas gagner à Paris…
Elle a été la porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy sur une ligne politique conduite par M. Buisson. Je crois même savoir qu’elle lui a demandé des conseils pour savoir comment être la future présidente de la République. Je les laisse à leurs relations.
Vous venez de marier à son compagnon Christophe Girard, le maire du IVe arrondissement, en présence de Delanoë. C’était une première pour vous…
Oui, c’était la première fois pour moi d’abord que je mariais un maire dans sa mairie, dans le cadre de la nouvelle loi mariage pour tous, et que ce maire avait comme témoin le maire de Paris ! C’était un moment de bonheur, très émouvant pour moi.
La France attire moins les entreprises étrangères. Est-ce le cas pour la capitale ?
Non, au contraire, Paris gagne des places dans la compétition entre les grandes métropoles mondiales. Cela contredit totalement les discours de la droite sur le déclin de la capitale. Paris résiste plutôt bien à la crise présente dans la zone euro. Notre ville a une dynamique, notamment dans les domaines de la nouvelle économie comme le numérique. Paris s’est remis à inventer : une innovation comme Autolib’ intéresse aujourd’hui New York et des grandes villes d’Amérique du Sud. Et quand j’entends Serena Williams dire, tout de suite après sa victoire à Roland-Garros, qu’elle aime Paris et qu’elle se sent parisienne, cela me touche énormément.
Interview réalisée par Philippe Martinat













