Dominique Versini : "En s’attaquant au droit du sol, Nathalie Kosciusko-Morizet flirte avec les idées d’extrême droite"

Dominique Versini - DR : TF1 / LCI

Alors que la France traverse une période difficile de son histoire qui exige que nous soyons tous sans ambiguïté autour des valeurs de la République, l’UMP à travers la voix de son président, s’appuyant sur la malheureuse reconduite à la frontière de Léonarda, relance le débat de triste mémoire sur l’identité nationale. Il le fait sans complexe en stigmatisant les enfants nés en France de parents étrangers en situation irrégulière qui se verraient privés de la nationalité française à leur majorité, remettant ainsi en cause le droit du sol, élément fondateur de notre pacte républicain. Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la Mairie de Paris, dans une interview lors d’une émission récente « les 4 vérités » s’est félicitée que ce débat soit lancé par son parti et a approuvé les propositions de Jean-François Copé.

Ses propos étaient-ils inspirés par les positions affichées par sa tête de liste du 16ème arrondissement, Claude Goasguen dans un rapport qu’il a présenté à l’Assemblée nationale le 29 juin 2011 ? On ne peut que s’en inquiéter dans la mesure où ces propositions vont bien au-delà des seuls enfants étrangers. Il y est en effet proposé notamment de contraindre nos compatriotes binationaux à renoncer à leur nationalité d’origine suite à un mariage ou une naturalisation.

A travers ces propositions avancées par certaines personnalités de l’UMP, on voit bien que c’est un mouvement très profond qui est esquissé pour une réforme radicale du droit du sol comme le réclame le Front National. On est d’autant plus inquiet lorsqu’on entend le président de l’UMP annoncer que si la droite revenait au pouvoir, ces réformes, portant sur des sujets aussi sensibles, se feraient par voie d’ordonnances, privant ainsi la représentation nationale de toute possibilité de débat.

En qualité d’ancienne Défenseure des enfants chargée de veiller au respect de la Convention internationale des droits de l’enfant que la France a ratifiée, je ne peux que condamner ces propos mettant des enfants au cœur d’un débat dont on devine qu’il répond d’abord à des considérations électorales et à une volonté insupportable de division et d’exclusion.

Communiqué de Dominique Versini, membre de l’équipe de campagne d’Anne Hidalgo, Ancienne secrétaire d’Etat chargée de la lutte contre la précarité et l’exclusion (2002-2004), Défenseure des enfants de 2006 à 2011.

Publié le vendredi 25 octobre 2013 à 18h50