La pénurie de logements s’aggrave sous l’effet conjugué de différents facteurs : accroissement du nombre d’habitants, divorces et décohabitation, allongement de l’espérance de vie… Chaque année, 500 000 ménages franciliens changent de logement et l’Ile-de-France accueille 80 000 habitants supplémentaires. Or cette demande, sans cesse croissante, fait face aujourd’hui à une offre trop hétérogène ; les politiques en matière de construction de logement, notamment social, diffèrent selon les territoires de l’agglomération. Les inégalités sont telles que la part de logements sociaux sur l’ensemble des logements construits ces 5 dernières années peut varier du simple au triple entre certaines villes de droite et de gauche.
Depuis 2001, la Ville de Paris a mené d’importants programmes de construction de logements (près de 70 000 logements en dix ans) avec un effort particulier porté sur le logement social pour atteindre le seuil des 20 % fixé par la loi. Paris fait sienne la nouvelle obligation d’atteindre les 25 % mais elle ne peut résoudre à elle seule la crise du logement.
Le logement en Ile-de-France est victime de grandes disparités territoriales, de choix politiques divergents et d’un manque de lisibilité pour les citoyens. L’échelon métropolitain est le seul pertinent pour mettre un terme aux blocages politiques à la construction de logements. Le Grand Paris doit disposer des outils nécessaires à un pilotage stratégique de la politique du logement. La métropole doit avoir la responsabilité de fixer des objectifs ambitieux et cohérents sur l’ensemble de son territoire, avoir le moyen de contraindre chaque commune à participer à l’effort commun. La coordination et l’intégration doivent remplacer la fragmentation et les divisions pour substituer à certains égoïsmes locaux la défense de l’intérêt général et la cohésion métropolitaine.













