"Le 5e est gagnable par la gauche"

"Le 5e est gagnable par la gauche"
DR : Le Parisien P/B.H.

Marie-Christine Lemardeley, probable tête de liste du PS dans le fief de Tiberi, explique les motivations de sa candidature.

C’est l’une des huit femmes (sur quatre-vingt-cinq facultés) à diriger une université en France. A 60 ans, Marie-Christine Lemardeley, qui préside l’université Sorbonne-Nouvelle Paris-3 depuis 2008, se lance maintenant en politique. Si les militants l’acceptent, cette universitaire « non encartée » conduira la liste du PS dans le Ve arrondissement aux municipales de mars prochain. Elle explique les raisons de sa candidature « d’ouverture » dans le fief du sortant UMP Jean Tiberi.

Comment votre candidature a-t-elle été décidée?
MARIE-CHRISTINE LEMARDELEY.
Cela s’est fait très naturellement. De par mes fonctions, je suis amenée à avoir beaucoup de contacts avec l’équipe de Bertrand Delanoë qui a mené une politique très favorable aux universités. J’avais rencontré Anne Hidalgo, lors des législatives de 2011, quand elle était venue voir les étudiants de Censier. Après, c’est une question d’affinités, de partage de valeurs, de convictions de gauche… Mes fonctions et mon action ont dû la conduire à penser à moi pour la tête de liste du Ve. Au départ, j’ai été très surprise. Mais, en juillet, quand Jean-Louis Missika (NDLR : codirecteur de campagne d’Anne Hidalgo) m’a appelée pour me confirmer ce choix, j’ai finalement assez vite accepté.

Votre statut de femme issue de la société civile a-t-il été déterminant dans le fait qu’on soit venu vous chercher?
Anne Hidalgo cherche évidemment à féminiser ses listes et c’est tant mieux. Mais ce n’est pas pour cela qu’on m’a choisi. L’équipe d’Anne Hidalgo a surtout dû penser que j’avais les capacités de rassembler… dans un arrondissement que je connais très bien. Le Ve, c’est toute ma vie. J’y ai fait mes études, j’y ai enseigné, j’y habite et j’y travaille depuis plus de trente ans… Aujourd’hui, j’ai envie de m’investir davantage dans la vie de cet arrondissement qui mériterait d’avoir un plus grand rayonnement. Je le ferai d’autant plus facilement que je n’ai rien à perdre. Je n’ai pas de carrière à faire en politique.

Votre candidature est-elle bien acceptée par les militants PS?
Je sais que je vais sans doute prendre des coups. Ça a d’ailleurs déjà un peu commencé. Depuis que mon nom a été cité (notre édition d’hier), on m’a déjà fait savoir que certains militants étaient mécontents. Mais d’autres, plus nombreux, m’ont adressé des messages de félicitations. Je rencontre Lyne Cohen-Solal (NDLR : chef de file « historique » du PS dans le Ve) aujourd’hui. Nous allons travailler en équipe.

Craignez-vous de vous retrouver face au sortant Jean Tiberi?
Je ne vais pas me battre contre quelqu’un, mais pour un programme. Honnêtement, les affaires des Tiberi ne m’intéressent pas. Je ne sais pas qui sera le candidat de l’UMP dans le Ve. Ce que je sais en revanche, c’est que l’arrondissement est « gagnable » par la gauche. Aux dernières législatives, Axel Kahn, le candidat du PS, y a fait 10 points de plus que François Fillon.

Interview publiée dans Le Parisien mercredi 28 août 2013.

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Publié le Mercredi 28 Août 2013 à 9h12