Je présente aujourd’hui, comme je m’y étais engagée, le chiffrage de mon projet ainsi que son financement et les grands équilibres que je souhaite respecter pour la mandature 2014-2020.
Investissement pour l’avenir et gestion sérieuse de nos finances sont les caractéristiques fondamentales du Paris que nous avons su reconstruire depuis 2001. La prochaine mandature bénéficiera de la situation financière saine, un jugement qui n’est pas seulement celui de la municipalité, mais aussi celui d’observateurs extérieurs indépendants (les agences internationales de notation FitchRatings et Standard&Poor’s, la Chambre Régionale des Comptes…) qui soulignent la gestion prudente de la Ville, associée à des objectifs budgétaires clairs. Le contexte est donc celui d’un Paris qui a renforcé les capacités de son administration, en particulier en matière de maîtrise des dépenses. Avec une dette gérée de manière prudente et optimisée, Paris a acquis l’expérience et les moyens de maintenir des objectifs ambitieux en matière de politique d’investissement, qui préparent l’avenir et créent de l’emploi.
Je veux mettre ce bilan, cette expertise et cette dynamique au service des Parisiens pour construire ensemble un Paris qui ose. Cette élection déterminera les choix de la Ville jusqu’en 2020 et, par souci de transparence, j’ai détaillé dans mon programme, présenté le 8 décembre 2013, chacun des aspects que je souhaite développer avec les Parisiens : je veux un débat honnête sur les réponses qui seront les nôtres face aux transformations urbaines. De la même manière, en matière budgétaire, je respecte l’intelligence des Parisiens et je ne veux pas m’arrêter à quelques slogans et postures : l’enjeu est trop important. Je souhaite donc être précise sur mon projet et son financement.
Tenir les engagements de mandature que les Parisiens auront choisis est une priorité absolue. Le contrat que je propose aux Parisiens reprend les termes de 4 objectifs : un investissement ambitieux pour l’avenir, aucune hausse des taux d’imposition, une stabilisation des dépenses de fonctionnement et un maintien de la dette à un niveau soutenable.
Investissement, tout d’abord, car j’ai proposé une vision, une ambition, des objectifs et des propositions concrètes pour chacun des thèmes qui concernent les Parisiens. L’investissement, c’est la marque du Paris que nous voulons : investir et prendre des risques mesurés pour relever les défis, s’adapter aux transformations du monde, innover et créer de la richesse. Nous avons chiffré avec précision cette adaptation à grande échelle de Paris aux défis du futur : lorsque j’ai présenté mon projet, j’ai donné un chiffre provisoire de 7,5 milliards d’euros en précisant que ce chiffre serait complété des demandes supplémentaires des arrondissements pour des équipements de proximité. J’ai évalué à 1 milliard d’euros les propositions qui m’ont été faites par les 20 têtes de listes, ce qui donne un investissement global de 8,5 milliard d’euros pour la mandature.
D’abord, la priorité des priorités, le logement représentera à lui seul 2,5 milliards d’euros. Ensuite, 1,5 milliard d’euros seront investis dans les transports et la politique de déplacement. Les 5 autres grandes priorités de mon programme (aménagement, culture, innovation et réseaux intelligents, sécurité, environnement et propreté) représentent 1,7 milliards d’euros d’investissement.
Pour les autres thèmes de mon programme, l’effort d’investissement se répartit comme suit : la ville à vivre (enfance, crèches, éducation et jeunesse, temps urbains, seniors, sport) bénéficiera de 850 millions d’euros ; la ville créative (emploi et insertion, développement économique, enseignement supérieur et recherche, économie sociale et solidaire, commerce et artisanat, mode et création, tourisme) de 550 millions d’euros ; la ville solidaire (santé et prévention, lutte contre les discriminations, handicap, lutte contre la précarité et l’exclusion) de 400 millions d’euros.
J’avais également annoncé qu’1 milliard serait consacré à la ville durable et intelligente ; ce milliard est réparti dans chacun des postes car il s’agit de rajouter en tant que de besoin sur les différents investissements de la ville, les moyens nécessaires au développement des réseaux intelligents et des innovations orientées vers la ville durable.
Ensuite, et c’est mon là mon deuxième objectif, réalisable parce que notre ville est bien gérée et le restera, je m’engage à mettre en œuvre mon projet sans augmenter les impôts. En période de crise et de difficultés ressenties par la plupart des Parisiens sur leur propre budget, limiter la pression fiscale est un impératif majeur. L’étude du Forum pour la Gestion des Villes de septembre 2013 montre qu’un foyer type paie à Paris 1 097 € en taxe d’habitation et taxe foncière, contre 1 628 € à Lyon, 2 107 € à Marseille et 2 326 € à Bordeaux. Dans ce classement, Paris, qui exerce les compétences assumées partout ailleurs en France par les villes, les intercommunalités et les départements, est celle parmi toutes les villes de plus de 100 000 habitants, qui a les impôts locaux les plus faibles. Afin de conserver cette position relativement avantageuse, mon engagement formel est donc que les impôts locaux n’augmenteront pas entre 2014 et 2020.
Cette détermination sur le plan fiscal est complétée par un engagement simple : les dépenses de fonctionnement n’augmenteront pas plus que l’inflation. Cette norme stricte d’évolution sera respectée, alors même que les dépenses nouvelles liées à mon projet, soigneusement chiffrées, monteront progressivement en charge de 37 millions d’euros par an. Nous savons, sur la base de notre expérience de 13 ans, que réaliser des économies est un travail minutieux, de longue haleine, qui suppose des réorganisations et des choix. C’est ce que nous avons fait et que je poursuivrai. Je continuerai donc dans cette voie de réformes, en l’amplifiant mais en gardant toujours à l’esprit la nécessité d’un service public fort et l’intérêt des Parisiens. Les mesures que nous préconisons sont parfaitement réalisables : mettre en œuvre une gouvernance simplifiée ; accentuer la réduction des coûts de gestion ; optimiser l’utilisation des équipements et services existants ; et récolter les fruits des investissements en matière d’innovation qui amélioreront les services rendus aux Parisiens tout en ayant un effet direct sur les coûts de gestion (dématérialisation et simplification des procédures, par exemple). Les marges de manœuvre ainsi dégagées seront concentrées sur, entres autres, la petite enfance, la propreté et la sécurité. Au total, il s’agira donc de rediriger certaines dépenses de fonctionnement vers des postes budgétaires qui bénéficient plus aux Parisiens pour respecter l’engagement de non-augmentation réelle.
Enfin, nos grands équilibres financiers seront préservés, avec notamment le maintien de la dette à un niveau soutenable. Paris est actuellement une des villes les moins endettées de France, elle doit le rester. Nos ratios d’endettement resteront inférieurs à ceux des grandes villes françaises : 41 % quand la moyenne des villes de plus de 100 000 habitants atteint 78 %. Les mesures évoquées précédemment en matière d’économies et l’évolution des recettes dégageront une épargne sur le budget de fonctionnement. En particulier, grâce à l’attractivité de Paris, à l’augmentation de la population et au dynamisme de son tissu économique qui font que, même à taux inchangés, les recettes augmenteront. Je veillerai à une défense déterminée des intérêts des Parisiens dans nos relations avec nos partenaires et co-financeurs. Cela impliquera des négociations fermes dans les relations avec nos partenaires financiers (l’Etat, la Région, le STIF, la RATP, RFF, la Préfecture de Police et les concessionnaires,…). Des recettes d’investissement seront systématiquement recherchées : des cofinancements et des cessions d’actifs non stratégiques, tout ceci nous permettra de ne recourir à l’emprunt que de manière minoritaire et soutenable. Mon objectif est de rester à un taux d’autofinancement de 85% et donc un taux de recours à l’emprunt de 15%, taux tout à fait raisonnable et soutenable.
Au total, je présente un projet ambitieux, chiffré et équilibré. Je bénéficie de notre expérience pour m’engager avec confiance à ne pas augmenter les dépenses de fonctionnement en termes réels et à financer mon projet sans augmentation des taux d’imposition et sans recours insoutenable à la dette.
Je fais le pari de la transparence dans les choix stratégiques de la Ville, y compris sur le plan budgétaire pour lequel je souhaite une participation active des Parisiens.





