A onze semaines du premier tour, la candidate PS à Paris ne veut passe contenter de gérer son avance dans les sondages. Voici le détail de son programme.
Restée dans la capitale durant les fêtes de fin d’année, Anne Hidalgo a continué de rencontrer des électeurs au hasard de ses sorties. Elle a aussi passé une nuit avec la BAC (brigade anticriminalité), « sans caméras mais avec un gilet pare-balles », précise-t-elle. Pointée en tête dans les derniers sondages (elle battrait NKM avec 52,5% au second tour, selon l’Ifop), la chef de file socialiste, qui s’est lancée la première dans la course il y a plus d’un an, est déjà prête pour le sprint final. « Je ne suis pas du tout dans l’état d’esprit de gérer mon avance, bien au contraire, je veux creuser l’écart », confie-t-elle. Voici les détails de son plan de bataille.
Objectif : 200000 porte-à-porte. Hidalgo a choisi de faire de sa cérémonie de
vœux, lundi dans huit jours, le moment fort de sa reprise. Ce 13 janvier, elle présentera les
premières figures de son comité de soutien (auquel les Parisiens pourront se joindre sur Internet).
Une « grosse séquence transports » est aussi au programme, destinée à populariser, tract à l’appui,
ses engagements. Disposant sur le terrain d’un avantage au niveau de la force de frappe militante,
l’équipe Hidalgo va multiplier ses contacts directs avec les habitants. Fin 2013, l’objectif de
25000 « portes frappées » a été dépassé de plus de 10000. « Du coup, on a décidé d’intensifier en
visant les 200000 d’ici à fin mars », indique Rémi Ferraud, le codirecteur de campagne. Présence
forte sur les marchés et stand-up (prise de parole) dans les rues sont également au
programme.
Ciblage des arrondissements. Dans les cinq jours qui
viennent, Hidalgo effectuera des sorties dans les Ve, XIIIe, XIVe et XVe arrondissements. A partir
de février, un meeting électoral se tiendra dans chacun des vingt arrondissements de la capitale.
Sur le Web, des applications de géolocalisation vont permettre de visualiser, arrondissement par
arrondissement, les retombées du programme global. L’effort de campagne sera particulièrement porté
sur les XIIe et XIVe, où la gauche veut faire mieux que de défendre ses positions. Mais aussi sur
ceux qu’elle espère emporter : les Ier, Ve et XVIIe. Le maire sortant de Paris, Bertrand Delanoë, va
mettre toute sa popularité dans la balance pour faire gagner Hidalgo, « notamment dans les
arrondissements stratégiques ». « Il a déjà efficacement recadré NKM quand elle dit n’importe quoi
», savoure l’entourage d’Hidalgo. Le XVe, où se présente la tête de liste socialiste, fera bien sûr
aussi l’objet d’un gros investissement militant, même si la victoire y paraît
difficile.
Meeting final au Cirque d’Hiver. Un document résumant les
principaux points du programme sera diffusé fin janvier, ainsi qu’un tract spécifique détaillant
concrètement les retombées — en matière de vie quotidienne et de coût de la vie — des engagements de
la candidate socialiste. Bernard Gaudillère, adjoint au maire de Paris chargé du budget et des
finances, doit donner un chiffrage précis du coût et du financement du programme d’Hidalgo. On saura
tout (ou presque) fin janvier. Point d’orgue de toute campagne électorale, un grand meeting final
est programmé une dizaine de jours avant le scrutin du 23 mars. Plusieurs maires de grandes villes
du monde (Rome, Berlin, Lisbonne, Marrakech…), qui auront diffusé des messages de soutien sur le
Net, pourraient y participer.
Philippe Martinat
Article publié dans Le Parisien le 4 janvier 2014.






