L’équipe d’Anne Hidalgo a testé ce week-end une application qui permet, lors des opérations de terrain, de cibler les éventuels abstentionnistes.
« Bonjour, c’est Anne Hidalgo. » Samedi, les équipes de la candidate socialiste à la mairie de Paris, munies de leur feuille de route, se sont déployées dans la capitale pour une vaste opération de porte-à-porte. L’objectif, à dix semaines du premier tour : frapper à 200000 portes pour convaincre les électeurs de gauche tentés par l’abstention de se déplacer.
Convaincu que frapper au bon appartement, c’est accroître les chances de faire basculer le vote des abstentionnistes ou des indécis, l’équipe Hidalgo a fait appel au trio Muller, Liegey et Pons, qui a œuvré pendant la campagne de François Hollande, après s’être inspiré de celle d’Obama.
Ces trentenaires ont mis au point un logiciel de campagne baptisé 50 + 1 qui permet de cibler les secteurs prioritaires grâce au croisement de statistiques électorales et sociologiques ainsi que la connaissance du terrain dont disposent les candidats et les militants.
« Lors d’une élection serrée, cet outil peut faire basculer le score », assure Arthur Muller, qui revendique 280000 voix apportées au candidat Hollande pendant la présidentielle grâce à sa technique. Convaincue comme l’explique le consultant que « le porte-à-porte fait changer d’avis 1 électeur sur 14 » et « met à distance le contexte national qui pourrait peser sur la campagne des socialistes », l’équipe Hidalgo s’est emparée de l’outil.
Samedi matin, la candidate PS est venue encourager ses troupes à son QG de la rue Mathurin-Régnier (XVe), avant qu’elles ne mettent le cap sur les quartiers qui leur ont été dévolus. Les retardataires se pressent devant l’ordinateur pour consulter le degré de priorité des secteurs et imprimer la feuille de route sur laquelle figurent l’itinéraire et le temps estimé de l’opération. Anne Hidalgo prend, elle, la direction de la cité de la rue Bargue. La voilà qui se retrouve nez à nez avec une retraitée mécontente de Delanoë, le maire (PS) de Paris. Une hostilité vaincue au fil du dialogue. La candidate peut repartir satisfaite après avoir entendu cette petite phrase : « J’ai voté Hollande, je comptais m’abstenir cette fois, mais je vais réfléchir. » Une militante, sur les talons d’Anne Hidalgo, prend note des remarques des locataires croisés. La campagne de porte-à-porte terminée, elle fera remonter ses informations. « Cela permet de suivre l’évolution en temps réel de l’opinion », explique Clément Lazarus, responsable du pôle mobilisation de la candidate PS.
Christine Henry
Article publié dans Le Parisien le 20 janvier 2014.





