Communiqué de Jean-Louis Missika et Rémi Féraud, co-directeurs de campagne d'Anne Hidalgo
Madame Nathalie Kosciusko-Morizet vient de publier une liste de 15 mesures qui pourraient être les siennes, si elle devenait maire de Paris. Cette liste illustre le véritable retour en arrière souhaité par la droite parisienne, toujours autant allergique au progrès.
Le virage de Madame Nathalie Kosciusko-Morizet vers la Droite dure du second tour est bien enclenché, avec son dégradé de propositions démagogiques et incohérentes.
Après avoir comme Anne Hidalgo proposé la stabilité fiscale, NKM annonce une baisse des impôts comme première mesure d’une hypothétique mandature. Le financement de son programme – avec des projets pharaoniques comme la couverture et l’enfouissement du périphérique ou extrêmement coûteux comme la création d’une police municipale, sa ‘révolution des horaires’ ou bien la gratuité des transports – deviendrait un mystère cocasse s’il n’engageait pas le futur d’une ville comme Paris. Heureusement que l’élection est proche, sinon Madame Nathalie Kosciusko-Morizet aurait proposé la suppression des impôts. Nous sommes très loin du sérieux nécessaire à la conduite d’une Ville comme Paris.
Elle propose comme seconde mesure un audit indépendant et public des finances de la Ville de Paris. Elle semble oublier que la qualité de notre pilotage financier est saluée par la Chambre Régionale des Comptes comme par les agences de notation, qui nous ont toujours décerné la plus haute notation accessible à une collectivité française, tout en soulignant la solidité de nos finances. Ces excellents jugements nous permettent de conditions d'emprunt extrêmement favorables.
Madame Kosciusko-Morizet avance par ailleurs l’adoption d’une charte d’éthique. Il est en effet important que la Ville soit irréprochable ; l’honneur de Paris doit être préservé, en effet ; personne ne voudrait que nous nous revenions au système des barons de la Droite et au système Tibéri, avec son cortège de faux électeurs. Comme Madame Nathalie Kosciusko-Morizet vient de fusionner sa liste dans le 5ème arrondissement avec celle de Monsieur Tibéri, nous sommes rassurés . C’est un gage de bonne gestion et d’éthique !
Sur la sécurité, c'est l’assortiment traditionnel de solutions qui n’en sont pas. La sécurité est un droit fondamental qu’il s’agit de préserver par des politiques globales et efficaces, loin du marketing et des effets d’annonce. Agiter le spectre de la vidéosurveillance partout, des arrêtés anti-mendicité et de la toxicomanie peut faire gagner quelques voix, mais est contre-productif. Il s’agit au contraire de faire un usage de l’ensemble des outils, de la prévention à la sanction, dans un cadre serein et mesuré. A elle seule, la mesure proposée par Anne Hidalgo « tu casses, tu répares » marque la différence entre une politique de com’ et une politique adaptée au terrain.
Sur le logement, nous notons avec surprise que le mot ‘logement social’ apparaît enfin. Non pas pour embrasser une politique que la Droite a toujours combattue, mais seulement pour y faire référence, en passant. Ceci étant, le cœur des mesures est annoncé : la suspension des préemptions qui permettent pourtant de freiner les ventes à la découpe, ainsi que la vente des logements avec une décote comme alternative au logement social. C’est proposer un effet d'aubaine à quelques privilégiés, au détriment du logement pour tous.
La droite de Nathalie Kosciusko-Morizet montre également son vrai visage avec la violence de certaines des mesures annoncées : prétendre voter dès le premier Conseil de Paris de la mandature pour l'élargissement sans concertation des horaires de crèches revient à annoncer, au choix, un plan d'embauche massif d'auxiliaires de puériculture, ou une augmentation du temps de travail de ces mêmes auxiliaires sans passer par une quelconque négociation avec eux... Stopper la construction de la tour Triangle, c'est revenir sur un contrat déjà signé, sans égard pour les partenaires. On imagine bien également ce que pourrait donner l'interdiction dès avril, sans plan B, des camions dans Paris, et les conséquences que cela pourrait avoir sur le commerce. Démagogie, violence ou amateurisme, nous ne nous prononcerons pas.
Enfin, la Madame Diesel du gouvernement précédent de Droite, la signataire du contrat scandaleux avec la société privée EcoMouv’ pour collecter l’écotaxe, la cheffe de file de ceux qui ont combattu Velib, Autolib et le Tramway, nous fait grâce de quelques gadgets environnementaux. Et cela alors même que son programme est basé sur le retour massif de la voiture individuelle et ne contient quasiment rien sur les circulations douces et les transports en commun.
La Droite sécuritaire, démagogique, celle qui lutte contre la mixité sociale et pour la voiture individuelle veut faire croire qu’elle prépare son retour. Les Parisiens attachés aux valeurs de Paris, ceux qui veulent vivre ensemble dans un environnement sain, seront juges et refuseront ce retour en arrière le 30 mars.





