Communiqué de Bernard GAUDILLERE
Membre de l'équipe de campagne d'Anne HIDALGO
M. Philippe Eliakim vient de publier un article dans la revue Capital. Ce journaliste est décidément animé vis-à-vis de la municipalité parisienne d’une animosité tenace, qui le conduit à exprimer des positions dénuées de tout fondement. C’est d’ailleurs pourquoi le tribunal correctionnel de Paris l’a condamné en avril 2013 pour diffamation envers le maire de Paris.
Il publie aujourd’hui dans Capital un article outrancier, tant sur notre bilan que sur les engagements d’Anne Hidalgo. Ce libelle est dépourvu de tout argument crédible.
Lire l’article de M. Eliakim, c’est découvrir de paragraphe en paragraphe des erreurs flagrantes pour ne pas dire grossières. Egrenons le catalogue.
Comparaisons avec d’autres collectivités
C’est sur ce point que la malhonnêteté est manifeste. Il se trouve que la collectivité parisienne exerce les compétences qui sont assumées partout ailleurs en France par les communes, les intercommunalités et les départements. Donc, pour comparer les dépenses, les impôts et la dette de Paris avec ceux par exemple de Bordeaux, il faut ajouter aux données bordelaises celles (au prorata du nombre d’habitants) de la communauté et du département de la Gironde.
Ce n’est pas moi qui le dis : cette méthode, la seule intellectuellement honnête est celle des enquêtes annuelles de la revue Capital et du Forum pour la gestion des villes. Je vois mal comment M. Eliakim pourrait récuser la rigueur intellectuelle de ses confrères dans sa propre revue.
Impôts locaux
Dans son palmarès 2012, le magazine Capital classe les Parisiens parmi les Français les moins imposés : 108èmes sur 112 grandes villes. En 2013, l’étude SFL Forum, relayée par Capital, classe Paris 41ème sur 41 villes. Que dire de plus ? Que taxe foncière et taxe d’habitation, évaluées par ces mêmes experts indépendants, sont inférieures de 53 % à celles de Bordeaux et 33 % à celles de Lyon ? J’arrête là l’énumération.
Intégrer dans un pseudo-calcul les droits de mutation immobilière n’a aucun sens. D’abord parce que les deux tiers des Parisiens ne sont pas concernés par ces droits. Ensuite parce qu’assimiler à des impôts payés chaque année une dépense ponctuelle liée à l’achat d’un logement, c’est mélanger des réalités extrêmement différentes. Si ce raisonnement avait le moindre sens, les experts indépendants l’auraient tenu sans attendre M. Eliakim.
Le produit des impôts locaux (hors droits immobiliers) a augmenté de 31% entre 2001 et 2012, cette évolution étant due pour 20% à la revalorisation annuelle des bases votée par le Parlement, et pour le reste à la variation des taux décidée par la municipalité et à l’augmentation du nombre de Parisiens.
Au passage : la taxe foncière est de 976 M€. Un quart = 244 M€ et non 150 M€. M. Eliakim, quand on traite de sujets budgétaires, il vaut mieux ne pas être brouillé avec les chiffres.
Dette
Un journaliste sérieux se doit de lire les documents budgétaires. La dette de Paris, quand nous avons été élus en 2001 était de 1,4 Md€, et non pas « d’à peine 1 milliard ». Une erreur de 40%, excusez du peu. Elle est aujourd’hui de 3,6 Mds€, soit une multiplication par 2,6 et non pas 4. Enfin, écrire que cette dette passerait à 4,9 Mds€ en un an, c’est-à-dire augmenterait de 1,3 Md€ (+36% en 12 mois…) laisse pantois, et à dire vrai défie le commentaire. La seule explication de cette fantasmagorie est simple : M. Eliakim n’a jamais ouvert le budget de Paris.
De même que les Parisiens sont les moins imposés de France, ils sont aussi les moins endettés. C’est la très sérieuse Direction générale des collectivités locales qui le dit : 46% de nos recettes en 2012 contre 78% pour les villes de plus de 100.000 habitants, 100% à Lille et 167% à Marseille. C’est ce que confirment, année après année, les agences de notation, qui nous ont toujours maintenu la meilleure note possible.
Je n’insiste pas sur la prétendue opacité de la garantie d’emprunt sur la Philharmonie. L’UMP, bien imprudemment, avait déféré notre budget 2014 au Préfet. Celui-ci vient de lui répondre en reconnaissant l’absolue sincérité de ce budget, en dépenses comme en recettes, notamment sur la Philharmonie, dont la garantie d’emprunt figure en toutes lettres dans les documents votés par le Conseil de Paris. En outre, M. Eliakim n’a pas compris que la garantie d’emprunt est financièrement plus intéressante sur le long terme, car nous espérons bien qu’elle ne sera pas mise en jeu durant la totalité de ces 15 ans.
L’évolution future de notre budget
Le « plan secret » évoqué par Capital n’existe pas, et n’a d’ailleurs aucune raison d’exister, parce que le budget de Paris n’évoluera certainement pas comme voudrait le faire croire ce brûlot électoral.
En reprenant les propres hypothèses précisées dans l’article, je trouve un excédent de 400 M€, et non pas un déficit de 200 M€. Je n’ai pas la place de le démontrer ici, mais je peux le faire dans Capital si la revue m’y invite.
Un autre exemple d’ignorance de la réalité budgétaire : M. Eliakim évoque les transferts d’impôts prévus vers Paris-Métropole, mais il n’a jamais lu la loi du 27 janvier 2014 qui prévoit que la différence entre les compétences et les ressources transférées à la métropole fera l’objet d’une compensation.
Les engagements d’Anne Hidalgo
Anne Hidalgo a pris l’engagement réaliste de stabiliser les dépenses et de ne pas augmenter les taux des impôts locaux : elle le tiendra, exactement comme nous l’avons fait de 2001 à 2008 et de 2011 à aujourd’hui.
Elle accomplira cette promesse tout en maintenant l’offre de services publics indispensables à la qualité de vie. Mais elle fait reposer cet objectif ambitieux sur des modalités de financement réalistes. Lors de la présentation du financement de son projet le 27 janvier, Anne Hidalgo s’est engagée à rechercher suffisamment d’économies chaque année non seulement pour financer son projet mais pour que le budget de fonctionnement n’évolue pas plus vite que l’inflation. Ces économies, détaillées dans sa conférence de presse du 27 janvier, sont parfaitement réalistes : nous avons déjà inscrit 60 M€ d’économies à notre budget 2014.
Quant au programme d’investissement, il sera très largement financé par des ressources propres : l’épargne dégagée sur le budget de fonctionnement - comme nous avons su le faire à hauteur de 650 M€ par an depuis 2001-, et des recettes d’investissement dynamisées par la recherche de financements innovants et la cession des biens inutiles aux Parisiens. De ce fait, le recours à l’emprunt restera résiduel et Paris demeurera une des villes les moins endettées de France.
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Faute de place et de temps, je n’ai pas évoqué d’autres erreurs de faits ou de raisonnement, me bornant à l’essentiel. A ce degré d’ignorance des données budgétaires réelles, dix pages y suffiraient à peine. Mais l’attitude de ce journaliste est pour tout dire stupéfiante : il n’a en rien travaillé sur nos documents budgétaires, pourtant parfaitement publics; il contredit sur des points essentiels son propre journal, et il se contente de reprendre sans le moindre esprit critique les allégations polémiques de la candidate des droites.





